mardi 2 mars 2010

LA CONTESTATION DU MATERIALISME

Le chapitre que vous allez lire révèle un secret crucial de votre vie.
Vous devez le lire attentivement et entièrement car il traite d'un sujet qui est susceptible de modifier fondamentalement votre façon de voir le monde extérieur.
Le sujet de ce chapitre n'est pas seulement un point de vue, une approche différente ou une ancienne pensée philosophique:
c'est un fait que toute personne, croyante ou non croyante, doit admettre, un fait qui est aujourd'hui largement prouvé par la science.



CHAPITRE 18

La véritable essence
de la matière


Les gens qui contemplent consciencieusement l'environnement qui les entoure réalisent que tout dans l'Univers, les vivants et les objets, a dû être créé. La question qui se pose, alors, est: "Qui est le Créateur de toutes ces choses?"
Il est évident que "le fait de la création", qui se révèle dans chaque aspect de l'Univers, ne peut être un aboutissement de l'Univers lui-même. Par exemple, un insecte n'aurait pas pu se créer lui-même. Le système solaire n'aurait pas pu se créer ou s'organiser lui-même. Ni les plantes, ni les êtres humains, ni les bactéries, ni les érythrocytes (globules rouges), ni les papillons n'auraient pu se créer par eux-mêmes. La possibilité que tous ces êtres se soient produits "par hasard" ne peut même pas être imaginable.
Nous arrivons donc à la conclusion suivante: tout ce que nous voyons a été créé. Mais rien de ce que nous voyons ne peut être "créateur" par lui-même. Le Créateur est différent et supérieur à tout ce que nous voyons avec nos yeux, un pouvoir supérieur qui est invisible mais dont l'existence et les attributs se révèlent dans chaque chose qui existe.
C'est le point sur lequel hésitent ceux qui nient l'existence de Dieu. Ces gens sont conditionnés pour ne pas croire dans Son existence à moins qu'ils ne Le voient de leurs propres yeux. Ces gens, qui ignorent le fait de la "création", sont forcés d'ignorer la réalité de la "création" qui se manifeste à travers l'Univers et prouvent à tort que l'Univers et les êtres qui y vivent n'ont pas été créés. La théorie de l'évolution est l'exemple clé de leurs vaines tentatives dans ce sens.
L'erreur fondamentale de ceux qui renient Dieu est partagée par de nombreuses personnes qui, en fait, ne nient pas réellement l'existence de Dieu mais qui en ont une perception fausse. Elles ne nient pas la création mais ont des croyances superstitieuses sur le lieu "où" Dieu se trouve. La plupart d'entre elles pensent que Dieu est là-haut dans le "ciel". Elles imaginent tacitement que Dieu est derrière une planète très lointaine et qu'Il interfère dans les "affaires de ce bas monde" de temps à autre. Ou peut-être qu'Il n'intervient pas du tout: Il aurait créé l'Univers et l'aurait ensuite livré à lui-même afin que les gens décident de leurs destins par eux-mêmes.
Cependant, certains ont entendu qu'il est écrit dans le Coran que Dieu est "partout" mais ils sont incapables d'assimiler exactement le sens de cette parole. Ils pensent tacitement que Dieu entoure tout tels les ondes de radio ou un intangible et invisible gaz.
Toutefois, cette notion ainsi que d'autres croyances, incapables d'expliquer l'endroit "où" Dieu se trouve (raison pour laquelle de nombreuses personnes nient Son existence), sont toutes fondées sur une erreur commune. Ces gens croient en un préjugé non fondé et portent alors de faux jugements sur Dieu. Quel est donc ce préjugé?
Ce préjugé porte sur la nature et les caractéristiques de la matière. Nous sommes si conditionnés par les suppositions de l'existence de la matière que nous ne réfléchissons jamais à l'existence ou la non-existence de cette matière, ou si ce n'est qu'une simple ombre. La science moderne casse ce préjugé et révèle une réalité très importante et imposante. Dans les pages suivantes, nous essaierons d'expliquer cette grande réalité à laquelle le Coran fait allusion.

Le monde de signaux électriques
Toutes les informations que nous possédons sur le monde dans lequel nous vivons nous sont transmises par nos cinq sens. Le monde que nous connaissons consiste en ce que notre œil voit, notre main touche, notre nez sent, notre langue goûte et notre oreille entend. Nous ne pensons jamais que le monde "extérieur" puisse être autre que ce que nos sens nous présentent puisque depuis le jour de notre naissance nous n'avons compté que sur ces sens.
La recherche moderne dans différents domaines de la science amène cependant à une compréhension très différente et sème sérieusement le doute sur nos sens et sur le monde que nous percevons grâce à eux.
Le point de départ de cette approche est que la notion du monde "extérieur" telle qu'elle est fixée dans notre cerveau est uniquement une réponse créée dans notre cerveau par des signaux électriques. La couleur rouge de la pomme, la dureté du bois, votre mère, votre famille et tout ce que vous possédez, votre maison, votre travail, et les lignes de ce livre, ne sont composés que de signaux électriques.
Frederick Vester explique les aboutissements de la science sur ce sujet:
"Les affirmations de certains scientifiques annonçant que "l'homme est une image, que toute expérience est temporaire et illusoire, et que cet Univers est une ombre" semble se prouver, dans nos jours, par des faits scientifiques." 197
Voici le commentaire du célèbre philosophe George Berkeley sur ce sujet:
"Nous croyons dans l'existence des objets juste parce que nous les voyons et les touchons, et parce qu'ils nous sont renvoyés par nos propres perceptions. Cependant, nos perceptions sont seulement des idées dans notre esprit. Ainsi, les objets que nous captivons par nos perceptions ne sont rien d'autre que des idées et ces idées ne sont essentiellement nulle part sauf dans notre esprit… Puisque tout ceci n'existe que dans l'esprit, cela signifie que nous sommes attirés par des illusions lorsque nous pensons que l'Univers et toutes les choses que nous voyons ont une existence en dehors de notre esprit. Ainsi, rien de ce qui nous entoure n'a d'existence en dehors de notre esprit." 198
Afin d'apporter une lumière sur ce sujet, nous devons reconsidérer notre sens de la vue, qui nous fournit le plus d'informations sur le monde extérieur.

Comment est-ce que nous voyons, entendons et dégustons?
La vision se fait par voie très progressive. Les photons qui voyagent de l'objet à l'œil passent par la lentille à l'avant de l'œil où ils se cassent et s'inversent sur la rétine au fond de l'œil. Là, la lumière réfléchie est transformée en des signaux électriques qui sont transmis par les neurones à un lieu minuscule appelé le centre de vision, situé au fond du cerveau. Ce signal électrique est perçu, par ce centre dans le cerveau, comme une image après une série de procédés. La vision a lieu réellement dans ce lieu minuscule situé à l'arrière du cerveau qui est sombre et complètement isolé de la lumière.
Maintenant, nous reconsidérons ce procédé apparemment ordinaire et insignifiant. Lorsque nous disons que "nous voyons", nous voyons en fait les effets des impulsions qui atteignent notre œil et qui sont induites dans notre cerveau après leur transformation en signaux électriques. C'est-à-dire, quand nous disons que "nous voyons", nous sommes, en fait, en train d'observer des signaux électriques dans notre esprit.
Toutes les images que nous percevons sont formées dans notre centre de vision, qui occupe seulement quelques centimètres cubes du volume du cerveau. Le livre que vous lisez maintenant ainsi que le paysage infini que vous voyez quand vous contemplez l'horizon tiennent dans cet espace minuscule. Un autre point à garder en tête est que le cerveau, comme nous l'avons précédemment dit, est isolé de la lumière; son intérieur est absolument obscur. Le cerveau lui-même n'a aucun contact avec la lumière.
Nous pouvons expliquer cette situation intéressante par un exemple. Supposons qu'il y ait une bougie brûlant devant nous. Nous pouvons nous asseoir devant cette bougie et la surveiller longtemps. Cependant, pendant tout ce temps, notre cerveau ne sera jamais en contact direct avec la lumière originale de la bougie. Même lorsque nous regardons la lumière de la bougie, l'intérieur de notre cerveau reste dans l'obscurité totale. Nous regardons un monde lumineux et plein de couleurs à l'intérieur d'un cerveau sombre.
R. L. Gregory donne l'explication suivante sur l'aspect miraculeux de la vue, un fait qui va de soi pour nous tous:
"Nous sommes si habitués à la vue, qu'il nous semble inimaginable de réaliser qu'il y a des problèmes à résoudre. Mais réfléchissons-y. Nous recevons de minuscules images tordues et inversées dans l'œil et nous voyons des objets séparés et solides dans notre entourage. A partir de simulation dans les rétines, nous percevons le monde des objets, et ceci n'est pas loin du miracle." 199
Le même cas s'applique à tous nos autres sens. L'ouïe, le toucher, le goût et l'odorat sont tous transmis au cerveau comme signaux électriques et sont perçus dans les centres correspondants dans le cerveau. L'ouïe se fait de la même façon. L'oreille externe capte les sons disponibles par l'auricule et les dirige vers l'oreille moyenne; l'oreille moyenne transmet les vibrations sonores à l'oreille interne en les intensifiant; l'oreille interne envoie ces vibrations au cerveau en les transformant en signaux électriques. Tout comme les images, les sons finissent dans le centre d'ouie du cerveau. Le cerveau est isolé des sons exactement comme il l'est de la lumière. Ainsi, quel que soit le bruit à l'extérieur, l'intérieur du cerveau est complètement silencieux.
Néanmoins, même les sons les plus bas sont perçus par celui-ci. La précision est telle que l'oreille d'une personne saine entend tout sans aucune interférence ou bruit atmosphérique. Dans votre cerveau, qui est isolé des sons, vous écoutez les symphonies exécutées par un orchestre, vous entendez tous les bruits émis par une foule et percevez, dans une large fréquence, tous les sons variant du frémissement d'une feuille au rugissement d'un avion à réacteurs. Cependant, si le niveau sonore dans votre cerveau devait être mesuré par un dispositif sensible à ce moment précis, on remarquerait qu'un silence complet y règne.
Notre perception de l'odeur s'effectue de la même manière. Les molécules volatiles émises par des choses telles que la vanille ou la rose atteignent les récepteurs dans les poils délicats situ és dans l'épithélium nasal et s'impliquent dans une interaction. Cette interaction est transmise au cerveau sous la forme de signaux électriques qui sont perçus comme odeur. Tout ce que nous sentons, que ce soit bon ou mauvais, n'est autre que la perception du cerveau des interactions de molécules volatiles après leur transformation en signaux électriques. Vous percevez dans votre cerveau l'odeur d'un parfum, d'une nourriture, d'une fleur que vous aimez, de la mer ou d'autres odeurs que vous aimez ou détestez. Les molécules elles-mêmes n'atteignent jamais le cerveau. A l'instar de l'ouïe et de la vision, ce ne sont que les signaux électriques qui atteignent votre cerveau. Autrement dit, toutes les odeurs que vous aviez attribuées à des objets extérieurs depuis votre naissance ne sont que des signaux électriques que vous sentez grâce à vos organes sensoriels.
Parallèlement, il y a quatre types différents de récepteurs chimiques sur le bout de la langue de l'homme. Ils donnent au goût certaines particularités du salé, sucré, aigre, et amer. Après une chaîne de procédés chimiques, les papilles gustatives transforment ces perceptions en signaux électriques et les transmettent au cerveau. Ces signaux sont perçus comme des goûts par le cerveau. Le goût que vous obtenez quand vous mangez une barre de chocolat ou un fruit que vous aimez correspond à l'interprétation de signaux électriques par le cerveau. Vous ne pouvez jamais atteindre l'objet à l'extérieur, vous ne pouvez jamais voir, sentir ni déguster le chocolat en soi. Par exemple, si les terminaisons nerveuses gustatives qui voyagent jusqu'à votre cerveau étaient rompues, rien de ce vous mangeriez à ce moment-là n'atteindrait votre cerveau; vous perdriez complètement le sens du goût.
A ce stade, nous constatons un autre fait. Nous ne pouvons jamais être sûrs de la similitude entre ce que nous ressentons quand nous dégustons une nourriture et ce qu'une autre personne ressent quand elle déguste cette même nourriture, ou entre ce que nous percevons quand nous entendons une voix et ce qu'une autre personne perçoit quand elle entend celle-ci. A ce sujet, Lincoln Barnett dit que personne ne peut savoir si une autre personne perçoit la couleur rouge ou entend une note de musique de la même façon que lui-même les perçoit.200
Notre sens du toucher n'est pas différent des autres sens. Quand nous touchons un objet, toutes les informations susceptibles de nous aider à reconnaître les objets et le monde extérieur sont transmises au cerveau par les nerfs sensoriels qui se trouvent sur la peau. La sensation du toucher se constitue dans notre cerveau. Contrairement à la croyance générale, l'endroit où nous percevons le sens du toucher n'est pas situé sur notre peau ou sur le bout de nos doigts mais plutôt au centre du toucher situé dans notre cerveau. Nous ressentons différentes sensations relatives à certains objets tels que la dureté ou la douceur, la chaleur ou le froid. Ceci résulte de l'évaluation du cerveau des stimulations électriques émanant de ces objets. Nous dérivons tous les détails qui nous aident à reconnaître un objet à partir de ces stimulations. A propos de ce fait important, nous citons les pensées de deux célèbres philosophes, B. Russell et L. Wittgeinstein:
"Par exemple, nous ne pouvons nous demander ni étudier si le citron existe véritablement ou pas, ni savoir comment il est apparu. Un citron consiste simplement en un goût senti par la langue, une odeur sentie par le nez, une couleur et forme senties par l'œil, et ce sont seulement ces caractéristiques qui peuvent se prêter à l'étude et l'évaluation. La science ne peut jamais connaître le monde physique." 201
Il nous est impossible d'atteindre le monde physique. Tous les objets qui nous entourent sont un ensemble de perceptions telles que la vue, l'ouïe, et le toucher. Durant toute notre vie, notre cerveau, en traitant les données dans le centre de vision et dans d'autres centres sensoriels, ne confronte pas l'"original" de la matière qui existe à l'extérieur mais plutôt la copie qui en est faite à l'intérieur de notre cerveau. C'est sur ce point que nous nous trompons en présumant que ces copies sont des instances d'une matière réelle que nous percevons de l'extérieur.


Le "monde extérieur" à l'intérieur de notre cerveau
Par suite des faits physiques décrits jusque là, nous pouvons conclure ce qui suit: tout ce que nous voyons, touchons, entendons et percevons comme "matière", "le monde" ou "l'Univers" n'est qu'un ensemble de signaux électriques qui sont produits dans notre cerveau.
Lorsqu'on mange un fruit, il ne s'agit pas du fruit réel mais de sa perception dans le cerveau. L'objet que la personne considère être un "fruit" consiste réellement en une impression électrique dans le cerveau concernant la forme, le goût, et la texture du fruit. Si les nerfs optiques reliés au cerveau devaient être coupés soudainement, l'image du fruit serait complètement interrompue; ou si l'on effectuait une rupture dans le nerf qui relie les capteurs de l'odorat au cerveau, le sens de l'odorat serait complètement interrompu. En termes plus simples, le fruit n'est que l'interprétation de signaux électriques par le cerveau.
Un autre point à considérer est le sens de la distance. La distance, c'est-à-dire celle qui existe entre vous et ce livre, est seulement une sensation de vide formée dans votre cerveau. Les objets qui semblent être loin à la vue de cette personne existent aussi dans le cerveau. Par exemple, quelqu'un qui surveille les étoiles dans le ciel suppose qu'elles sont à des millions d'années lumière. Cependant, ce qu'il "voit" ce sont réellement les étoiles à l'intérieur de lui-même, dans son centre de vision. Tandis que vous lisez ces lignes, vous n'êtes pas, en réalité, à l'intérieur de la pièce où vous supposez être; au contraire, la pièce est en vous. Le fait que vous voyiez votre corps vous fait penser que vous êtes dedans. Toutefois, vous devez vous rappeler que votre corps, aussi, est une image formée à l'intérieur de votre cerveau.
La même chose s'applique à toutes vos autres perceptions. Par exemple, quand vous pensez que vous entendez le son de la télévision dans la pièce voisine, vous réalisez réellement ce son à l'intérieur de votre cerveau. Vous ne pouvez ni prouver qu'une pièce voisine existe à côté de la vôtre, ni qu'un son provient de la télévision dans cette pièce. Les sons que vous pensez provenir de quelques mètres mais aussi la conversation d'une personne se trouvant juste près de vous, sont perçus dans un petit espace de quelques centimètres carrés au centre de l'ouïe dans votre cerveau. A part ce centre de perception, aucun concept tel que la direction droite, gauche, devant ou arrière n'existe. C'est-à-dire, le son que vous percevez ne provient pas de la droite ou de la gauche ou de l'air; il n'existe aucune direction à partir de laquelle le son puisse provenir.
Les odeurs que vous percevez sont aussi comme le son; aucune odeur ne peut vous atteindre en provenance d'une longue distance. Vous supposez que les effets finals formés dans votre centre d'odorat sont les odeurs des objets venant de l'extérieur. Cependant, tout comme l'image d'une rose est dans le centre de votre vision, l'odeur de cette rose est dans votre centre d'odorat; il n'y a ni rose ni odeur relative à celle-ci à l'extérieur.
Le "monde extérieur" présenté à nous par nos perceptions est simplement une collection de signaux électriques atteignant notre cerveau. A travers nos vies, ces signaux sont traités par notre cerveau et nous vivons sans reconnaître que nous nous trompons en supposant que ce sont les versions originales de la matière qui existe dans le "monde extérieur". Nous nous trompons parce que nous ne pouvons jamais percevoir la matière elle-même à l'aide de nos sens.
De plus, c'est encore notre cerveau qui interprète et attribue des significations aux signaux que nous supposons être le "monde extérieur" Par exemple, considérons le sens de l'ouïe. C'est, en fait, notre cerveau qui transforme les ondes sonores du "monde extérieur" en symphonie. C'est-à-dire que la musique est également une perception créée par notre cerveau. De la même façon, quand nous voyons des couleurs, ce qui arrive jusqu'à nos yeux n'est que de simples signaux électriques de différentes longueurs d'onde. C'est encore notre cerveau qui transforme ces signaux en couleurs. Il n'y a pas de couleur dans le "monde extérieur". Ni la pomme est rouge ni le ciel est bleu, ni les arbres sont verts. Ils sont comme ils sont parce que nous les percevons ainsi. Le "monde extérieur" dépend entièrement du sujet qui le perçoit.
Le défaut le plus léger dans la rétine de l'œil peut causer un daltonisme. Certaines personnes perçoivent la couleur bleue en vert, le rouge en bleu, et pour d'autres les couleurs ne sont que des nuances de gris. A ce stade, il importe peu de savoir si l'objet à l'extérieur est coloré ou pas.
L'éminent penseur Berkeley traite aussi ce fait:
"Au début, l'on croyait que les couleurs, les odeurs, etc. "existaient réellement", mais ultérieurement on a renoncé à de telles idées, et il s'est avéré qu'elles existent seulement car elles dépendent de nos sensations." 202
En conclusion, la raison pour laquelle nous voyons des objets colorés n'est pas qu'ils sont colorés ou qu'ils ont une existence matérielle indépendante en dehors de nous-mêmes. La vérité est que toutes les qualités nous attribuons aux objets se trouvent à l'intérieur de nous-mêmes et pas dans le "monde extérieur".
Alors, que reste-t-il du "monde extérieur"?

L'existence du "monde extérieur" est-elle indispensable?
Jusque là, nous avons souvent parlé d'un "monde extérieur" et d'un monde de perceptions formé dans notre cerveau; ce dernier est celui que nous voyons. Cependant, puisque nous ne pouvons réellement jamais atteindre le "monde extérieur", comment pouvons-nous être certains qu'un tel monde existe réellement?
A vrai dire, nous ne pouvons pas. Puisque chaque objet est seulement une collection de perceptions et que ces perceptions existent seulement dans l'esprit, il est plus exact de dire que le seul monde qui existe réellement est le monde des perceptions. Le seul monde que nous connaissions est le monde qui existe dans notre esprit: celui qui est conçu, enregistré et précis; bref, celui créé dans notre esprit. C'est le seul monde dont nous puissions être surs.
Nous ne pouvons jamais prouver que les perceptions que nous observons dans notre cerveau possèdent des corrélats matériels. Ces perceptions peuvent tout aussi bien provenir d'une source "artificielle".
Il est possible d'observer cela. Les fausses stimulations peuvent produire dans notre cerveau un "monde matériel" entièrement imaginaire. Par exemple, prenons un instrument d'enregistrement très développé capable d'enregistrer toutes sortes de signaux électriques. D'abord, transmettons toutes les données liées à un décor (incluant l'image du corps) à cet instrument en les transformant en signaux électriques. Ensuite, imaginons que votre cerveau peut vivre séparément de votre corps. Enfin, relions l'instrument d'enregistrement au cerveau avec des électrodes qui fonctionneront comme des nerfs et enverront les données préenregistrées au cerveau. Dans ce cas, vous sentirez que vous vivez vous-même dans ce décor "artificiellement" créé. Par exemple, vous croirez facilement que vous conduisez vite sur une autoroute. Il ne vous serait jamais possible de comprendre que vous ne consistez en rien à part votre cerveau. C'est parce que tout ce qui est requis pour former un monde dans votre cerveau n'est pas l'existence d'un monde réel mais plutôt la disponibilité de stimulations. Il est parfaitement possible que ces stimulations puissent provenir d'une source artificielle, telle qu'un magnétophone.
Le célèbre philosophe scientifique Bertrand Russell écrivait dans ce sens:
"Quant au sens du toucher lorsque nous pressons la table avec nos doigts, c'est une stimulation électrique sur les électrons et les protons de nos bouts des doigts, qui résulte, selon la physique moderne, de la proximité des électrons et des protons existant sur la table. Si la même stimulation dans les bouts de nos doigts survenait d'une toute autre manière, nous devrions avoir des sensations, même si la table n'existait pas." 203
Il est certes très facile pour nous de nous tromper en estimant que les perceptions sont réelles sans aucun corrélat matériel. Nous éprouvons souvent ces sentiments dans nos rêves. Nous expérimentons, dans nos rêves, des événements; nous voyons des gens, des objets et des décors qui semblent complètement réels. Cependant, ils ne sont rien d'autre que de simples perceptions. Il n'y a aucune différence fondamentale entre le rêve et le "monde réel"; les deux sont vécus dans le cerveau.

Qui est le percepteur?
Comme nous l'avons précédemment relaté, il n'y a aucun doute sur le fait que le monde où nous pensons vivre et que nous appelons "le monde extérieur" est créé dans notre cerveau. Cependant, une question d'une importance primordiale se pose. Si tous les événements physiques que nous connaissons sont intrinsèquement des perceptions, qu'advient-il de notre cerveau? Puisque notre cerveau fait partie du monde physique tout comme notre bras, jambe ou tout autre objet, il devrait lui aussi être une perception juste comme tous autres objets.
Un exemple sur les rêves éclairera le sujet davantage. Pensons que nous voyons le rêve dans notre esprit conformément à ce que nous avons dit auparavant. Dans le rêve, nous aurons un corps imaginaire, un bras imaginaire, un œil imaginaire, et un cerveau imaginaire. Si pendant notre rêve, l'on nous demandait: "Où est-ce que vous voyez?", nous répondrions: "Nous voyons dans notre cerveau". Cependant, on ne peut parler de cerveau à ce sujet, mais plutôt d'une tête imaginaire et d'un cerveau imaginaire. Celui qui perçoit des images n'est pas le cerveau imaginaire dans le rêve, mais un "être" qui est de loin "supérieur" à celui-ci.
Nous savons qu'il n'y a aucune distinction physique entre le décor d'un rêve et le décor que nous appelons la vie réelle. Alors, lorsque l'on nous demande la question précédente dans le décor que nous appelons la vie réelle: "Où est-ce que vous voyez?", il semblerait insensé de répondre "dans mon cerveau" comme dans l'exemple ci-dessus. Dans les deux cas, l'entité qui voit et perçoit n'est pas le cerveau, qui n'est après tout qu'un morceau de viande.
Quand le cerveau est analysé, on observe qu'il n'y a rien dedans sauf des molécules de protéines et lipides, qui existent également dans d'autres organismes vivants. Cela signifie que dans le morceau de viande nous appelons "cerveau", il n'y a rien pour observer les images, pour constituer la conscience ou créer l'être que nous appelons "moi-même".
R. L. Gregory fait référence à une erreur que les gens commettent en relation avec la perception d'images dans le cerveau:
"On doit éviter la tentation de dire que les yeux produisent des images dans le cerveau. Une image dans le cerveau suggère le nécessité d'une certaine sorte d'œil interne pour voir, mais cela nécessiterait un autre œil pour voir cette image… et ainsi de suite dans une régression interminable de yeux et d'images. C'est absurde." 204
C'est ce point même qui met les matérialistes dans l'embarras, car ces derniers ne tiennent pour vrai que la matière. A qui appartient "l'œil intérieur" qui voit, qui perçoit ce qu'il voit et réagit?
Karl Pribram aussi s'est penché sur cette question importante dans le monde de la science et de la philosophie pour savoir qui est le percepteur:
"Depuis les Grecs, les philosophes ont spéculé sur le "fantôme" dans la machine, le "petit homme à l'intérieur du petit homme" et ainsi de suite. Où est le "je", l'entité qui emploie le cerveau? Qui est l'acteur du savoir actuel? Ou, comme Saint François d'Assise l'a formulé, "Ce que nous cherchons est celui qui voit." 205
Maintenant, méditons à ce qui suit: le livre dans votre main, la pièce où vous êtes, bref, toutes les images devant vous sont perçues à l'intérieur de votre cerveau. Est-ce que ce sont les atomes qui voient ces images? Serait-ce ces atomes aveugles, sourds et inconscients? Pourquoi est-ce que certains atomes ont acquis cette qualité tandis que d'autres en sont dépourvus? Est-ce que nos actes de penser, de comprendre, de se souvenir, d'être content, malheureux… consistent en des réactions électrochimiques entre ces atomes?
Quand nous considérons ces questions, nous voyons qu'il n'y a aucun sens à chercher de la volonté dans les atomes. Il est clair que l'être qui voit, entend, et sent est un être supra-matériel. Cet être est "vivant" et il n'est ni matière ni une image de matière. Cet être associe les perceptions en utilisant l'image de notre corps.
Cet être est l'"âme".
L'agrégat des perceptions que nous appelons le "monde matériel" est un rêve considéré par cette âme. Tout comme le corps que nous possédons, le monde matériel que nous voyons dans nos rêves n'a aucune réalité. L'Univers que nous occupons et le corps que nous possédons n'ont aucune réalité matérielle.
Le vrai être est l'âme. La matière consiste simplement en des perceptions vues par l'âme. Les êtres intelligents qui écrivent et lisent ces lignes ne sont pas un amas d'atomes et de molécules ni les réactions chimiques entre eux - mais plutôt - des âmes.

Le vrai être absolu
Tous ces faits nous amènent à affronter une question très significative. Si ce que nous reconnaissons être le monde matériel est simplement fait des perceptions de notre âme, alors qu'elle est la source de ces perceptions?
En répondant à cette question, nous devons prendre en considération le fait suivant: la matière n'a pas une existence auto-gouvernante. Puisque la matière est une perception, c'est quelque chose d'"artificiel". C'est-à-dire, cette perception doit avoir été causée par un autre pouvoir, ce qui signifie qu'elle a dû avoir été créée. De plus, cette création devrait être continue. S'il n'y avait pas de création conséquente et continue, alors ce que nous appelons matière disparaîtrait et serait perdu. Cela peut être comparé à une télévision sur laquelle une image est projetée aussi longtemps que le signal continue à être émis. Alors qui est-ce qui fait que notre âme regarde les étoiles, la Terre, les plantes, les gens, notre corps et tout ce que nous voyons d'autre? Il est très évident qu'il existe un Créateur suprême, Qui a créé l'Univers matériel en entier, c'est-à-dire, la somme des perceptions, et Qui continue Sa création continuellement. Puisque ce Créateur expose une telle création magnifique, Il a sûrement le pouvoir éternel et la puissance. Ce Créateur se présente à nous. Il a envoyé un livre sur terre et à travers ce livre s'est décrit Lui-même, et nous a décrit l'Univers et la raison de notre existence.
Ce créateur est Dieu et le nom de Son livre est le Coran.
Le fait que les cieux et la terre, c'est-à-dire l'Univers, n'est pas stable, que leur présence est seulement possible par la création de Dieu et qu'ils disparaîtront quand Il aura terminé cette création, sont tous expliqués dans ce verset:

Allah retient les cieux et la terre pour qu'ils ne s'affaissent pas. Et s'ils s'affaissaient, nul autre que Lui ne pourra les retenir. Il est Indulgent et Pardonneur. (Sourate Fatir, 41)
Comme nous l'avons mentionné au début, certaines personnes n'ont aucune compréhension authentique de Dieu et ainsi, elles L'imaginent comme un être présent quelque part dans les cieux et n'intervenant pas réellement dans les affaires de ce bas monde. La base de cette logique repose réellement dans la pensée que l'Univers est une assemblée de matière et que Dieu est en "dehors" de ce monde matériel, dans un endroit bien loin. Dans certaines fausses religions, croire en Dieu est limité à cette compréhension.
Cependant, comme nous l'avons considéré jusqu'à présent, la matière est composée seulement de sensations. Et le seul être réel absolu est Dieu. Ce qui signifie qu'il n'y a que Dieu seulement qui existe: toute autre chose excepté Lui n'est qu'un être de l'ombre. Conséquemment, il est impossible de concevoir Dieu comme un être séparé en dehors de cette masse entière de matière. Dieu est sûrement "partout" et inclut tout. Cette réalité est expliquée dans le Coran comme suit:

Allah! Point de divinité à part Lui, le Vivant, Celui qui subsiste par Lui-même "al-Qayyum". Ni somnolence, ni sommeil ne Le saisissent. A Lui appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Qui peut intercéder auprès de Lui sans Sa permission? Il connaît leur passé et leur futur. Et, de Sa science, ils n'embrassent que ce qu'Il veut. Son Trône "kursiy" déborde les cieux et la terre, dont la garde ne lui coûte aucune peine. Et Il est le Très Haut, le Très Grand. (Sourate al-Baqarah, 255)

Le fait que Dieu ne soit pas lié à l'espace et qu'Il inclut tout, est énoncé dans un autre verset comme suit:

A Allah seul appartiennent l'Est et l'Ouest. Où que vous vous tourniez, la face d'Allah est donc là, car Allah a la grâce immense; Il est Omniscient. (Sourate al-Baqarah, 255)

Puisque les êtres matériels sont chacun une perception, ils ne peuvent voir Dieu; mais Dieu voit la matière qu'Il a créée dans toutes ses formes. Dans le Coran, ce fait est énoncé ainsi:

Les regards ne peuvent L'atteindre, cependant qu'Il saisit tous les regards… (Sourate al-An'am, 103)

Cela veut dire que nous ne pouvons percevoir l'existence de Dieu avec nos yeux, mais Dieu a entièrement inclus notre intérieur, notre extérieur, nos regards et pensées. Nous ne pouvons ni murmurer un mot ni respirer sans qu'Il ne le sache.
Tandis que nous constatons ces perceptions sensorielles au cours de notre vie, l'être le plus proche de nous n'est pas une de ces sensations, mais Dieu Lui-même. Le secret du verset suivant dans le Coran est dissimulé dans cette réalité:

Nous avons effectivement créé l'homme et Nous savons ce que son âme lui suggère. Nous sommes plus près de lui que sa veine jugulaire. (Sourate Qaf, 16)

Quand une personne pense que son corps est fabriqué de "matière", elle ne peut pas comprendre ce fait important. Si elle considère son cerveau comme "elle-même", alors le lieu qu'elle accepte comme étant l'extérieur sera entre 20 et 30 cm plus loin. Cependant, quand elle conçoit qu'il n'y ait rien de tel que la matière, et que tout est imagination, notions telles que l'extérieur, l'intérieur ou la proximité perdent toute signification. Dieu l'a incluse et Il est "infiniment proche" d'elle.
Dieu informe les hommes qu'Il est "infiniment proche" d'eux dans ce verset:

Et quand Mes serviteurs t'interrogent sur Moi… Alors Je suis tout proche. (Sourate al-Baqarah, 186)

Un autre verset relate le même fait:

Et lorsque Nous te disons que ton Seigneur cerne tous les gens… (Sourate al-Isra', 60)

L'homme est dérouté en pensant que l'être qui est le plus proche de lui est lui-même. Dieu, en vérité, est encore plus proche de nous que nous-mêmes. Il a interpellé notre attention à ce point dans le verset:

Le souffle de la vie remonte à la gorge (d'un moribond), et qu'à ce moment là vous regardez, et que Nous sommes plus proche de lui que vous (qui l'entourez) mais vous ne (le) voyez point. (Sourate al-Waqi'a, 83-85)

Comme Dieu l'annonce dans le verset, les gens vivent inconscients de ce fait phénoménal parce qu'ils ne le voient pas de leurs propres yeux.
En revanche, il est impossible pour l'homme, qui n'est qu'une ombre, d'avoir un pouvoir et une volonté indépendamment de Dieu. Le verset "Alors que c'est Allah qui vous a créés, vous et ce que vous fabriquez!" (Sourate as-Saffat, 96) montre que tout ce que nous vivons a lieu sous le contrôle e Dieu. Dans le Coran, cette réalité est énoncée dans le verset "Et lorsque tu lançais (une poignée de terre), ce n'est pas toi qui lançais: mais c'est Allah qui lançait" (Sourate al-Anfal, 17); verset par lequel il est souligné qu'aucun acte n'est indépendant de Dieu. Puisque l'être humain est un être de l'ombre, il ne peut pas être celui qui exécute l'acte de jeter. Cependant, Dieu donne cet être de l'ombre la sensation du soi. Dans la réalité, c'est Dieu Qui exécute tous les actes. Ainsi, si une personne considère les actes qu'elle exécute comme les siens, elle cherche évidemment à se leurrer elle-même.
Ceci est la réalité. Il se peut qu'une personne ne veuille pas admettre cela et peut penser qu'elle est elle-même un être indépendant de Dieu; mais cela ne change rien; Bien sûr son reniement malavisé dépend de la volonté et des souhaits de Dieu.

Tout ce que vous possédez est intrinsèquement illusoire
Comme on peut le voir clairement, il est un fait logique et scientifique que le "monde extérieur" n'a aucune réalité matérialiste et qu'il est une collection d'images perpétuellement présentées à notre âme par Dieu. Néanmoins, les gens n'incluent pas habituellement, ou plutôt ne veulent pas inclure, le tout dans le concept du "monde extérieur".
Si vous pensez à ce problème sincèrement et bravement, vous arriverez à réaliser que votre maison, votre mobilier, votre voiture probablement achetée récemment, votre bureau, vos bijoux, votre compte de banque, votre garde-robe, votre époux (épouse), vos enfants, vos collègues, et tout autre bien que vous possédez sont en fait inclus dans cet imaginaire monde externe qui vous est projeté. Tout ce que vous voyez, entendez ou sentez - en bref - tout ce que vous percevez autour de vous avec vos cinq sens est une partie de ce "monde imaginaire"; la voix de votre chanteur favori, la dureté de la chaise sur laquelle vous vous asseyez, un parfum dont vous aimez la fragrance, le soleil qui vous réchauffe, une fleur avec de belles couleurs, un oiseau volant devant votre fenêtre, un hors-bord bougeant promptement sur l'eau, votre jardin fertile, l'ordinateur que vous employez à votre travail, ou votre chaîne Hi-Fi dotée de la technologie la plus avancée au monde...
C'est la réalité, parce que le monde est seulement une collection d'images créée pour tester l'homme. Les gens sont testés tout au long de leurs vies limitées par des perceptions dénuées de toute réalité. Ces perceptions sont intentionnellement présentées comme des choses attirantes et attrayantes. Ce fait est mentionné dans le Coran:

On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent: femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent, chevaux marqués, bétails et champs; tout cela est l'objet de jouissance pour la vie présente, alors que c'est près d'Allah qu'il y a bon retour. (Sourate al-Imran, 14)

La plupart des gens rejettent leur religion pour le leurre de la propriété, la richesse, l'accumulation d'or et d'argent, les dollars, les bijoux, les comptes en banque, les cartes de crédit, les garde-robes remplies de vêtements, les belles voitures, bref, toutes les formes de prospérité qu'ils possèdent ou essaient de posséder, et ils se concentrent seulement sur ce monde en oubliant la vie au-delà. Ils sont trompés par la face "foraine et attirante" de la vie dans ce monde, et ils manquent de préserver leur prière, de donner la charité aux pauvres, et d'exécuter l'adoration qui les fera prospérer dans l'Au-delà en disant "j'ai des choses à faire", "j'ai des idéaux", "j'ai des responsabilités", "je n'ai pas assez de temps", "j'ai des choses à finir", "je les ferai à l'avenir". Ils consomment leurs vies en essayant de prospérer uniquement dans ce monde. Dans le verset "Ils connaissent un aspect de la vie présente tandis qu'ils sont inattentifs à l'Au-delà" (Sourate ar-Rum, 7), cette méprise est décrite.
Le fait que nous décrivons dans ce chapitre, notamment le fait que tout est une image, est très important pour son implication au point qu'il rend toutes les luxures et limites dénuées de sens. La vérification de ce fait rend clair que tout ce que les gens possèdent et s'acharnent à posséder, leur richesse acquise par la cupidité, leurs enfants dont ils se vantent, leurs époux (épouses) qu'ils considèrent comme les êtres les plus proches d'eux, leurs amis, leurs chers corps, leur rang qu'ils considèrent comme une supériorité, les écoles qu'ils ont fréquentées, les vacances qu'ils ont eues, tout cela n'est qu'une simple illusion. C'est pourquoi, tous les efforts investis, le temps écoulé, et la cupidité ressentie se révèlent vains.
C'est pourquoi, certaines personnes se moquent bêtement d'elles-mêmes quand elles se vantent de leur richesse et propriétés ou de leurs "yachts, hélicoptères, usines, holdings, manoirs et terres" comme s'ils existaient réellement. Ces gens qui prétentieusement flânent en long et en large dans leurs yachts, paradent avec leurs voitures, parlent en permanence de leurs richesses, supposent que leur rang les classe plus haut que tous autres et pensent qu'ils gèrent tout avec succès à cause de tout cela, ces gens devraient réellement penser dans quel genre d'état ils se trouveraient une fois qu'ils réaliseront que leur succès n'est rien qu'une illusion.
En fait, ces scènes sont plusieurs fois vécues dans les rêves également. Dans leurs rêves, ces gens ont aussi des maisons, des voitures de course, des bijoux extrêmement précieux, des rouleaux de dollars et des tonnes d'or et d'argent. Dans leurs rêves, ils évoluent dans les hautes sphères, ils possèdent des usines avec des milliers d'ouvriers, le pouvoir de gouverner beaucoup de gens, ils portent des vêtements qui font que tout le monde les admire… Tout comme le fait de se vanter de ses possessions dans un rêve pousse une personne à se sentir ridiculisée, cette personne est certaine d'être au même titre ridiculisée pour affabuler des images qu'elle voit dans ce monde. Après tout, ce que cette personne voit dans ses rêves et ce à quoi elle est liée dans ce monde, sont de simples images dans son esprit.
De même, la façon dont les gens réagissent quant aux événements dont ils font l'expérience dans le monde, est à même de leur faire honte quand ils se rendent compte de la réalité. Ceux-là qui luttent farouchement les uns contre les autres, ceux-là qui délirent furieusement, qui escroquent, qui se laissent corrompre, qui commettent la contrefaçon, qui mentent, qui gardent parcimonieusement leur argent, qui font du tort aux gens, qui battent et maudissent les autres, les agresseurs enragés, ceux qui sont passionnés par la bureaucratie, qui envient les autres, qui essaient de se vanter, qui tentent de se sanctifier eux-mêmes et toutes les autres personnes seront humiliés quand ils réalisent qu'ils ont commis toutes ces actions dans un rêve.
Puisque c'est Dieu Qui crée toutes ces images, l'Ultime Possesseur de tout est Dieu seul. Ce fait est souligné dans le Coran:

C'est à Allah qu'appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre. Et Allah embrasse toute chose (de Sa science et de Sa puissance). (Sourate an-Nisa', 126)

C'est une grande bêtise de rejeter la religion au prix de passions imaginaires et de perdre ainsi la vie éternelle.
A ce niveau, Il faudrait bien assimiler un point: Il n'est pas dit ici que le fait auquel vous êtes confrontés prédit que "toutes les possessions, les richesses, les enfants, les époux (épouses), les amis, le rang que vous occupez et qui vous rend pingre, disparaîtront tôt ou tard, et donc ils n'ont aucun sens". Il est plutôt dit que "toutes les choses que vous semblez posséder en fait n'existent point, mais elles sont simplement un rêve composé d'images que Dieu vous montre afin de vous tester". Comme vous le voyez, il y a une grande différence entre les deux déclarations.
Bien qu'une personne refuse de reconnaître ce fait immédiatement et préfèrerait se leurrer en supposant que tout ce qu'elle possède existe véritablement, elle doit finalement mourir et dans l'Au-delà tout deviendra clair quand elle est ressuscitée. Ce jour là "la vue est perçante" (Sourate Qaf, 22) et elle est apte à tout voir beaucoup plus clairement. Cependant, si elle a passé sa vie entière à courir après des objectifs imaginaires, elle souhaitera n'avoir jamais vécu sa vie et dira: "Hélas, comme j'aurai souhaité que (ma première mort) fut la définitive. Ma fortune ne m'a servi à rien, mon autorité est anéantie et m'a quitté!" (Sourate al-Haqqah, 27-29)
Ce qu'un homme sage devrait faire, par contre, c'est d'essayer de comprendre la grandiose réalité de l'Univers ici dans ce monde, pendant qu'il en a encore le temps. Autrement, il devra passer toute sa vie à courir après des rêves et faire face à un châtiment douloureux en fin de compte. Dans le Coran, le sort final de ces gens qui courent après des illusions (ou mirages) dans ce monde et oublient leur Créateur, est énoncé comme suit:

Quant à ceux qui ont mécru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine désertique que l'assoiffé prend pour de l'eau. Puis quand il y arrive, il s'aperçoit que ce n'était rien; mais y trouve Allah Qui lui règle son compte en entier, car Allah est prompt à compter. (Sourate an-Nur, 39)

Les déficiences logiques des matérialistes
Depuis le début de ce chapitre, il est clairement énoncé que la matière n'est pas un être absolu comme le réclament les matérialistes mais plutôt un ensemble de sens créés par Dieu. Les matérialistes résistent d'une façon extrêmement dogmatique à cette réalité évidente qui détruit leur philosophie et produit des antithèses sans fondement.
Par exemple, l'un des plus grands avocats de la philosophie matérialiste dans le 20ème siècle, un marxiste ardent, George Politzer, donnait l'"exemple de l'autobus" comme la "plus grande preuve" de l'existence de la matière. Selon Politzer, les philosophes qui pensent que la matière est une perception s'enfuient également lorsqu'ils voient un autobus et c'est la preuve de l'existence physique de la matière.206
Lorsque l'on a annoncé à un autre célèbre matérialiste, Johnson, que la matière est une collection de perceptions, il essaya de "prouver" l'existence physique de pierres en leur donnant des coups de pied.207
Un exemple similaire est donné par Friedrich Engels, le mentor de Politzer et le fondateur du matérialisme dialectique avec Marx, qui a écrit: "Si les gâteaux que nous mangeons étaient des simples perceptions, ils ne couperaient pas notre faim."208
On trouve des exemples similaires et des expressions impétueuses tels que "vous comprenez l'existence de la matière quand vous recevez une gifle en plein visage" dans les livres de célèbres matérialistes tels que Marx, Engels, Lénine, et d'autres.
Le désordre dans la compréhension qui donne libre cours à ces exemples de matérialistes réside dans leur interprétation de l'explication de l'expression "la matière est une perception" qu'ils traduisent comme "la matière est un jeu de lumière". Ils pensent que le concept de la perception est seulement limité à la vue et que des perceptions comme le toucher ont des corrélats physiques. Un autobus qui écrase un homme leur fait dire: "Regarde, il l'a écrasé, donc, ce n'est pas une perception". Ce qu'ils ne comprennent pas c'est que toutes perceptions éprouvées pendant l'accident de l'autobus telles que la dureté de l'impact, la collision, et la douleur sont formées dans le cerveau.

L'exemple des rêves
Les rêves sont le meilleur exemple pour expliquer cette réalité. Une personne peut vivre des événements très réalistes dans son rêve. Elle peut tomber dans l'escalier et se casser la jambe, avoir un grave accident de voiture, se faire écraser par un autobus ou manger un gâteau et être rassasiée. Des événements similaires à ceux vécus dans nos vies quotidiennes se produisent aussi dans des rêves avec le même pouvoir de persuasion et éveillent les mêmes sentiments en nous.
Une personne qui rêve qu'elle est écrasée par un autobus, peut se réveiller dans un hôpital, toujours dans son rêve, et comprendre qu'elle est handicapée, mais tout ceci ne serait qu'un rêve. Cette personne peut aussi rêver qu'elle décède dans un accident de voiture, que les anges de mort récupèrent son âme, et que sa vie dans l'Au-delà commence. (Cet événement est vécu, de la même façon, dans cette vie, qui est une perception juste comme le rêve.)
Cette personne perçoit très nettement les images, les sons, la sensation de dureté, la lumière, les couleurs, et toutes les autres sensations relatives à l'événement qu'elle vit dans son rêve. Les perceptions qu'elle perçoit dans son rêve sont aussi naturelles que celles de la vie "réelle". Le gâteau qu'elle mange dans son rêve la rassasie bien qu'il ne soit qu'une simple perception, parce que la satiété est aussi une perception. Cependant, dans la réalité, cette personne se trouve étendue sur son lit à ce moment. Il n'y a ni escalier, ni circulation, ni d'autobus à considérer. La personne qui fait un rêve voit des perceptions et éprouve des sensations qui n'existent pas dans le monde extérieur. Le fait que, dans nos rêves, nous puissions vivre, voir et sentir des événements sans aucun corrélat physique dans le "monde extérieur" révèle très clairement que le "monde extérieur" consiste absolument en de simples perceptions.
Ceux qui croient en la philosophie matérialiste, et particulièrement les marxistes, sont enragés quand ils entendent parler de cette réalité, l'essence de la matière. Ils citent des exemples du raisonnement superficiel de Marx, Engels ou Lénine et font des déclarations émotionnelles.
Cependant, ces personnes doivent penser qu'elles peuvent faire ces déclarations dans leurs rêves. Dans leur rêve, elles peuvent aussi lire Das Kapital, participer à des meetings, se battre avec la police, obtenir des coups sur la tête, et en plus, sentir la douleur de leurs blessures. Quand on leur pose des questions dans leurs rêves, elles penseront que ce qu'elles vivent dans leur rêve consiste aussi en "matière absolue" tout comme elles supposent que les choses qu'elles voient quand elles sont réveillées sont "matière absolue". Cependant, que ce soit dans leur rêve ou dans leurs vies quotidiennes, tout ce qu'elles voient, vivent, ou sentent consiste seulement en des perceptions.

L'exemple de la connexion des nerfs dans le parallèle
Considérons l'exemple de l'accident de bus de Politzer: dans cet accident, si les nerfs de la personne écrasée, qui transmettent les messages des cinq sens au cerveau, étaient reliés à une autre personne, par exemple au cerveau de Politzer, par une connexion parallèle, au moment où l'autobus écrase la personne, il écraserait également Politzer, qui est assis dans son logement à ce moment. En d'autres termes, toutes les sensations ressenties par cette personne qui subit l'accident, seraient éprouvées par Politzer, exactement comme une même chanson diffusée par deux différents haut-parleurs reliés au même poste radio-cassette. Politzer sentira, verra et sentira le son du freinage de l'autobus, le contact de l'autobus sur son corps, les images d'un bras cassé et ensanglanté, les douleurs de la fracture, les images de son admission dans la salle d'opération, la dureté du plâtre, et la faiblesse de son bras.
Toute autre personne dont les nerfs seraient reliés dans le parallèle à ceux de l'homme accidenté vivrait cet accident du début jusqu'à la fin exactement comme Politzer. Si la victime de cet accident tombait dans le coma, toutes les autres personnes seraient dans le coma. De plus, si toutes les perceptions relatives à l'accident du bus étaient enregistrées dans un dispositif et si toutes ces perceptions étaient transmises à une personne, l'autobus écraserait cette personne plusieurs fois.
Ainsi, lequel de ces autobus, qui écrasent ces gens, est-il réel? La philosophie matérialiste n'a aucune véritable réponse à cette question. La vraie réponse est que toutes ces personnes vivent l'accident du bus dans tous ses détails dans leurs propres esprits.
Le même principe s'applique à l'exemple des gâteaux et des pierres. Si les nerfs des organes sensoriels de Engels, qui a ressenti la satiété et réplétion du gâteau dans son estomac après l'avoir mangé, étaient reliés dans le parallèle au cerveau d'une seconde personne, cette personne se sentirait aussi rassasiée quand Engels aurait mangé le gâteau et se serait rassasié. Si les nerfs de Johnson, qui a ressenti de la douleur quand son pied a heurté une pierre, étaient reliés dans le parallèle à une autre personne, cette personne sentirait la même douleur.
Ainsi, lequel des gâteaux et laquelle des pierres sont-ils réels? La philosophie matérialiste encore une fois est à court de réponses conséquentes à cette question. La réponse conséquente et correcte est celle-ci: Engels ainsi que la deuxième personne ont mangé le gâteau dans leurs esprits et se sont rassasiés; Johnson ainsi que la deuxième personne ont pleinement vécu le moment de l'impact contre la pierre dans leurs esprits.
Et si nous opérions un changement dans l'exemple que nous avons cité de Politzer: relions les nerfs de l'homme écrasé par l'autobus au cerveau de Politzer, et les nerfs de Politzer, assis chez lui, au cerveau de cet homme accidenté. Dans ce cas, Politzer pensera qu'un autobus l'a percuté bien qu'il soit installé dans sa maison, et l'homme réellement accidenté ne ressentira jamais l'impact de l'accident et pensera qu'il est assis dans la maison de Politzer. La même logique peut être appliquée à l'exemple du gâteau et de la pierre.
Comme on le voit, il n'est pas possible à l'homme de transcender ses sens ni de s'en libérer. Dans ce sens, l'âme d'un homme peut être assujettie à toutes sortes de représentations bien qu'elles n'aient aucun corps physique ni aucune existence matérielle et manquent de poids matériel. Il n'est pas possible pour une personne de réaliser cela parce qu'elle suppose que ces images à trois dimensions sont réelles et qu'elle est absolument certaine de leur existence. Car toutes les personnes dépendent des perceptions qui sont suscitées pour être ressenties par leurs organes sensoriels.
Le célèbre philosophe britannique David Hume exprime ses pensées sur ce fait:
"A dire vrai, quand je m'inclus moi-même dans ce que j'appelle "moi-même", je tombe toujours sur une perception spécifique concernant le chaud ou le froid, l'amour ou la haine, l'aigre ou le sucré ou une toute autre notion. Sans l'existence d'une perception, je ne peux jamais me capter moi-même dans un temps particulier et je ne peux rien discerner sauf la perception." 209

La formation des perceptions dans le cerveau
n'est pas une philosophie mais un fait scientifique
Les matérialistes prétendent que ce que nous avons exprimé ici est une vue philosophique. Cependant, le fait de croire que le "monde extérieur", comme nous l'appelons, est une collection de perceptions n'est pas une question de philosophie mais un simple fait scientifique. La façon de laquelle l'image et les sentiments se forment dans le cerveau est enseignée en détail dans toutes écoles médicales. Ces faits que la science du 20ème siècle a prouvés, et particulièrement à travers la physique, montrent clairement que la matière n'a pas de réalité absolue et que chacun, regarde, dans un sens, le "moniteur dans son cerveau".
Toute personne qui croit en la science, qu'elle soit athée, bouddhiste ou toute personne qui a une autre vision doit accepter ce fait. Un matérialiste pourrait nier l'existence d'un Créateur mais ne peut pas nier cette réalité scientifique.
L'incapacité de Karl Marx, George Politzer et d'autres à comprendre un fait aussi simple et évident surprend encore bien que le niveau des possibilités et de la compréhension scientifiques aient été insuffisants, à leurs époques. De nos jours, la science et la technologie sont très développées et de récentes découvertes rendent ce fait plus facile à comprendre. Les matérialistes, en revanche, sont en proie à la crainte de comprendre ce fait, bien que partialement, ainsi que de réaliser comment ce fait démolit définitivement leur philosophie.

La grande crainte des matérialistes
Pendant un moment, aucune réaction conséquente ne nous est parvenue des cercles matérialistes turcs au sujet traité dans ce livre, c'est-à-dire, le fait que la matière est une simple perception. Cela nous avait donné l'impression que notre point n'était pas assez clair et qu'il nécessitait d'être davantage expliqué. Cependant, il a été révélé, depuis longtemps, que les matérialistes se sentaient assez inquiets de la popularité de ce sujet et en plus, ils étaient saisis d'une grande crainte à ce propos.
Pendant quelque temps, les matérialistes ont fortement exprimé leur crainte et leur panique dans leurs publications, conférences et tables rondes. Leur discours désespéré et agité implique qu'ils souffrent d'une grave crise intellectuelle. L'effondrement scientifique de la théorie de l'évolution, la soi-disant base de leur philosophie, a déjà été reçue comme un grand choc pour eux. Maintenant, ils réalisent qu'ils commencent à perdre la matière elle-même qu'ils considèrent comme fondement plus grand que le darwinisme, et ils en ressentent même un plus grand choc. Ils déclarent que ce problème est la "plus grande menace" pour eux et qu'il "démolit leur industrie culturelle" totalement.
L'un de ceux qui ont exprimé ce sentiment de panique et d'anxiété ressenti par les cercles matérialistes de la manière la plus franche était Renan Pekunlu, un académicien ainsi que l'auteur du Bilim ve Utopya (Science et Utopie), périodique qui a assumé la tâche de défendre le matérialisme. Dans ses articles dans Bilim ve Utopya ainsi que dans les tables rondes auxquelles il assistait, Pekunlu a présenté le livre "La tromperie de l'évolution" comme la première "menace" du matérialisme. Ce qui a dérangé Pekunlu même plus que les chapitres qui invalidaient le darwinisme est la partie que vous lisez actuellement. A ses lecteurs et son audience (constituée d'une poignée seulement), Pekunlu a délivré le message suivant: "Ne vous laissez pas emporter par l'endoctrinement de l'idéalisme et gardez votre foi dans le matérialisme" et a désigné, comme référence, Vladimir I. Lénine, le leader de la sanglante révolution communiste en Russie. En conseillant à tout un chacun de lire le livre de Lénine vieux d'un siècle et intitulé Le matérialisme et le criticisme empirique, Pekunlu n'a fait que répéter les conseils de Lénine énonçant "ne réfléchissez pas à ce problème ou vous perdrez la piste du matérialisme et serez emportés par le courant de la religion". Dans un article qu'il a écrit dans ladite périodique, il citait le passage suivant de Lénine:
"Une fois que vous avez nié la réalité objective, qui nous est livrée en sensation, vous aurez déjà perdu toute arme contre le fidéisme, car vous aurez glissé dans l'agnosticisme ou le subjectivisme et c'est tout ce que le fidéisme nécessite. Si une seule griffe d'un oiseau est prise au piège, l'oiseau en entier est perdu. Et nos machistes sont tous pris au piège de l'idéalisme, c'est-à-dire, dans un fidéisme dilué et subtile, ils se sont piégés à partir du moment où ils ont considéré la "sensation" comme un spécial "élément" et pas comme une image du monde externe. Ce n'est la sensation de personne, le cerveau de personne, l'esprit de personne, la volonté de personne." 210
Ces mots démontrent explicitement que le fait que Lénine a réalisé de façon alarmante et qu'il voulait exclure et de son esprit et de celui de ses "camarades", dérange aussi les matérialistes contemporains de la même manière. Cependant, Pekunlu et d'autres matérialistes éprouvent une plus grande détresse; parce qu'ils sont conscients que ce fait est maintenant avancé d'une façon beaucoup plus explicite, certaine et convaincante qu'il y a 100 ans. Pour la première fois dans l'histoire du monde, ce sujet est expliqué d'une manière aussi irrésistible.
Néanmoins, l'image générale est qu'un grand nombre de scientifiques matérialistes prennent encore une position très superficielle vis à vis du fait que la "matière n'est rien qu'une illusion". Le sujet expliqué dans ce chapitre est un des sujets les plus importants et les plus excitants que l'on puisse jamais voir dans sa vie. Il n'y a aucune chance qu'ils aient déjà affronté un sujet aussi crucial auparavant. Toutefois, les réactions de ces scientifiques ou le moyen qu'ils utilisent dans leurs discours et articles suggèrent combien leur compréhension est légère et superficielle.
Les réactions de certains matérialistes au sujet traité ici montrent, d'autant plus, que leur adhésion aveugle au matérialisme a causé une certaine sorte de tort dans leur logique, et c'est pour cette raison qu'ils sont loin de comprendre ce sujet. Par exemple Alaattin Senel, un académicien et aussi l'auteur du Bilim ve Utopya, a livré les mêmes messages que Rennan Pekunlu en disant: "Oubliez l'effondrement du darwinisme, la vraie menace est ce sujet", et en faisant des sollicitations telles que "Alors, prouvez ce que vous dites" lorsqu'il a senti que sa propre philosophie n'a aucune base. Ce qui est plus intéressant c'est que ce même écrivain a rédigé des lignes révélant qu'il était incapable de saisir ce fait qu'il considère être une menace.
Par exemple, dans un article consacré exclusivement à ce sujet, Senel accepte que le monde externe soit perçu dans le cerveau comme une image. Cependant, il poursuit ensuite son affirmation que les images sont divisées en deux comme tout ce qui possède des corrélats physiques ou pas, et que les images relatives au monde extérieur ont des corrélats physiques. Afin de soutenir son assertion, il donne "l'exemple du téléphone". En bref, il écrivait: "Je ne connais pas si les images dans mon cerveau ont des corrélats physiques dans le monde extérieur ou pas, mais la même chose s'applique quand je parle au téléphone. Quand je suis en conversation au téléphone, je ne peux pas voir la personne à qui je m'adresse, mais mon interlocuteur peut confirmer cette conversation quand je le rencontre ultérieurement face à face." 211
En disant cela, cet écrivain en fait signifie ce qui suit: "Si nous doutons nos perceptions, nous pouvons regarder la matière elle-même et vérifier sa réalité". Cependant, c'est une méprise évidente car il nous est impossible d'atteindre la matière elle-même. Nous ne pouvons jamais nous dégager de notre esprit et connaître ce qu'il y a "dehors". Que la voix au téléphone ait un corrélat ou pas peut être confirmé par l'interlocuteur au téléphone. Cependant, cette confirmation est aussi image vécue dans l'esprit.
En fait, ces personnes vivent aussi les mêmes événements dans leurs rêves. Par exemple, Senel peut aussi voir dans son rêve qu'il parle au téléphone et peut ensuite avoir la confirmation de cette conversation par la personne à laquelle il parlait. Ou bien, Pekunlu peut dans son rêve sentir comme s'il affrontait "une sérieuse menace" et conseiller aux gens de lire les livres vieux d'un siècle de Lénine. Cependant, quoi qu'ils fassent, ces matérialistes ne peuvent jamais nier le fait que les événements vécus et que les gens auxquels ils ont parlé dans leurs rêves n'était rien d'autre que des perceptions.
Par quoi, alors, peut-on confirmer si les images dans le cerveau ont des corrélats ou pas? Serait-ce encore par les êtres de l'ombre dans le cerveau? Sans aucun doute, il est impossible pour des matérialistes de trouver une source d'information qui puisse produire des données concernant l'extérieur du cerveau et le confirmer.
Admettre que toutes les perceptions sont formées dans le cerveau mais supposer qu'une personne peut "rompre" avec tout cela et avoir la confirmation de ces perceptions par le vrai monde extérieur, révèle que la capacité perceptive de la personne est limitée et qu'elle a un raisonnement déformé.
Cependant, le fait que nous traitons ici peut aisément être saisi et assimilé par une personne qui possède un niveau de compréhension et de raisonnement normal. Toute personne impartiale saurait, en relation avec tout ce que nous avons dit, qu'il n'est pas possible pour elle de tester l'existence du monde extérieur avec ses sens. Toutefois, il paraît qu'une adhésion aveugle au matérialisme déforme la capacité du raisonnement des gens. Pour cette raison, les matérialistes contemporains exposent de sévères défauts logiques exactement comme leurs mentors qui essayaient de "prouver" l'existence de la matière en donnant des coups dans des pierres ou mangeant des gâteaux.
On doit indiquer également que cette situation n'a rien d'étonnant; parce que, l'incapacité de compréhension est un trait commun de tous les mécréants. Dans le Coran, Dieu énonce particulièrement qu'ils sont "des gens qui ne raisonnent point" (Sourate al-Ma'idah, 58).

Les matérialistes sont tombés dans le plus
grand piège de l'histoire
L'atmosphère de panique qui s'est emparée des cercles matérialistes en Turquie, et dont nous avons mentionné seulement quelques exemples, montre ici que les matérialistes font face à une défaite complète qu'ils n'ont jamais vécue dans toute leur histoire. Le fait que la matière est simplement une perception a été prouvé par la science moderne et ce fait est avancé d'une manière très claire, puissante et directe. Il reste seulement aux matérialistes d'assister à l'effondrement de tout le monde matériel dans lequel ils croient aveuglément et sur lequel ils comptent.
A travers l'histoire de l'humanité, les pensées matérialistes ont toujours existé. Très surs d'eux-mêmes et de la philosophie à laquelle ils croient, ils se révoltaient contre Dieu Qui les a créés. Le scénario qu'ils ont formulé soutenait que la matière n'avait ni commencement ni fin, et que tout cela ne pouvait pas avoir de Créateur. Tandis qu'ils renient Dieu seulement à cause de leur arrogance, ils prenaient refuge dans la matière qu'ils tenaient pour avoir une existence réelle. Ils avaient tellement confiance en cette philosophie qu'ils pensaient qu'il ne serait jamais possible qu'une explication prouvant le contraire puisse voir le jour.
C'est pourquoi les faits exposés dans ce livre en ce qui concerne la nature réelle de la matière ont autant surpris ces gens. Ce qui a été dit ici a détruit la base même de leur philosophie et n'a laissé aucune place pour en discuter davantage. La matière, sur laquelle ils avaient basé leurs pensées, leurs vies, leur arrogance et leur reniement, est soudainement disparue. Comment est-ce que le matérialisme peut-il exister quand la matière n'existe pas?
Un des attributs de Dieu est Sa manigance contre les incroyants. Ceci est énoncé dans le verset suivant:

"Ils complotèrent mais Allah a fait échouer leur complot, et Allah est le meilleur en stratagèmes." (Sourate al-Anfal, 30)
Dieu a piégé les matérialistes en leur faisant supposer que la matière existe et en agissant de la sorte, les a humiliés d'une façon inaperçue. Les matérialistes estimaient leurs possessions, statut, rang, la société à laquelle ils appartiennent, le monde entier et tout le reste existait, et par ailleurs, leur arrogance en croissait contre Dieu. Ils se révoltaient contre Dieu en se vantant, ajoutant ainsi à leur incroyance. En agissant de la sorte, ils reposaient totalement sur la matière. Toutefois, leur compréhension est si limitée qu'ils n'ont même pas pensé que Dieu les entoure de partout. Dieu annonce l'état dans lequel les incroyants se retrouveront à cause de leur entêtement:

Ou cherchent-ils un stratagème? Mais ce sont ceux qui ont mécru qui sont victimes de leur propre stratagème. (Sourate at-Tur, 42)

C'est plus probablement la plus grande défaite de l'histoire. Pendant que leur arrogance grandissait de leur propre accord, les matérialistes ont été trompés et vécu une grave défaite dans la guerre qu'ils ont engagée contre Dieu en inventant des monstruosités à Son encontre. Le verset "Ainsi, Nous avons placé dans chaque cité de grands criminels qui y ourdissent des complots. Mais ils ne complotent que contre eux-mêmes et ils n'en sont pas conscients" (Sourate al-An'âm, 123) annonce combien ces gens qui se révoltent contre leur Créateur sont inconscients, et comment ils finiront dans l'Au-delà. Dans un autre verset, le même fait est relaté ainsi:

Ils cherchent à tromper Allah et les croyants; mais ils ne trompent qu'eux-mêmes, mais ne s'en rendent pas compte! (Sourate al-Baqarah, 9)

Pendant que les incroyants s'efforcent de comploter, ils ne réalisent pas un fait très important qui est accentué par les termes divins "ils ne trompent qu'eux-mêmes, mais ne s'en rendent pas compte" dans le verset. C'est le fait que tout ce qu'ils vivent n'est qu'une imagerie conçue pour être perçue par eux, et tous complots qu'ils conçoivent sont simplement des images formées dans leur cerveau exactement comme tout autre acte qu'ils exécutent. Leur folie leur a fait oublier qu'ils sont tous seuls avec Dieu et, ainsi, ils sont piégés dans leurs propres plans tortueux.
Pas moins que ces incroyants qui vivaient dans le passé, ceux qui vivent aujourd'hui affrontent aussi une réalité qui ébranlera leurs plans tortueux de sa base. Par le verset "…la ruse du diable est, certes faible" (Sourate an-Nisa', 76), Dieu a énoncé que ces complots étaient voués à l'échec depuis leur naissance, et a donné les bonnes instructions aux croyants dans le verset suivant "…leur manigance ne vous causera aucun mal" (Sourate al-'Imran, 120).
Dans un autre verset Dieu énonce:

Quant à ceux qui ont mécru, leurs actions sont comme un mirage dans une plaine désertique que l'assoiffé prend pour de l'eau. Puis quand il y arrive, il s'aperçoit que ce n'était rien… (Sourate an-Nur, 39)

Le matérialisme, aussi, devient un "mirage" pour le rebelle juste comme il est décrit dans ce verset; quand ils y ont recours, ils voient que ce n'était qu'un mirage. Dieu les a dupés avec un tel mirage, et les a poussés à percevoir toute cette collection d'images comme réelles. Toutes ces "éminentes" personnalités, ces professeurs, astronomes, biologistes, physiciens, et tous les autres indifféremment de leur rang ou poste sont simplement bernés comme des enfants et sont humiliés parce qu'ils prenaient la matière comme leur dieu. En supposant qu'une collection d'images est absolue, ils ont basé leurs philosophie et idéologie sur ce concept, se sont impliqués dans des discussions sérieuses et ont adopté un soi-disant discours "intellectuel". Ils se considéraient être assez sages pour offrir un argument sur la vérité de l'Univers et plus gravement, et tergiverser sur Dieu avec leur intelligence limitée. Dieu explique leur situation dans le verset suivant:

Et les autres se sont mis à stratégier. Allah aussi stratégie et Allah est le meilleur des stratèges. (Sourate al-'Imran, 54)

Il peut être possible d'échapper de certains complots; cependant, ce plan de Dieu contre les impies est si ferme qu'il n'y a aucun moyen d'en échapper. Quoi qu'ils fassent ou qui que ce soit à qui ils font appel, ils ne peuvent jamais trouver un assistant autre que Dieu. Comme Dieu nous en informe dans le Coran, "ils ne trouveront, pour eux, en dehors d'Allah, ni allié ni secoureur" (Sourate an-Nisa', 173).

Les matérialistes ne se sont jamais attendus à tomber dans un tel piège. Comme ils possédaient tous les moyens du 20ème siècle à leur disposition, ils pensaient qu'ils pouvaient s'obstiner davantage dans leur reniement et attirer d'autres personnes à adhérer à leur incroyance. Cette mentalité éternelle des incroyants et leur fin sont décrites dans le Coran comme suit:

Ils ourdirent une ruse et Nous ourdîmes une sans qu'ils s'en rendent compte. Regarde donc ce qu'a été la conséquence de leur stratagème: Nous les fîmes périr, eux et tout leur peuple. (Sourate an-Naml, 50-51)

Ceci, dans un autre sens, est ce que le fait énoncé dans le verset veut signifier: les matérialistes sont amenés à réaliser que tout ce qu'ils possèdent est seulement une illusion et donc tout ce qu'ils possèdent a été détruit. Comme ils voient que leurs possessions, leurs usines, leur or, leurs dollars, leurs enfants, leurs époux (épouses), leurs amis, leurs rang et statut, même leurs propres corps, et tout ce qu'ils considèrent exister, que tout cela leur échappe des mains, ils sont "abattus" selon les termes du verset n° 51 de la sourate an-Naml. A ce stade, ils ne sont plus de la matière mais plutôt des âmes.
Sans aucun doute, le fait de réaliser cette vérité est la pire chose possible pour les matérialistes. Le fait que tout ce qu'ils possèdent n'est qu'une illusion, équivaut à un échec, selon leurs mots propres, ou à une "mort avant de mourir" dans ce monde.
Ce fait les laisse seuls avec Dieu. Par le verset, "laisse-Moi avec celui que J'ai créé seul" (Sourate al-Muddattir, 11), Dieu a attiré notre attention sur le fait que chaque être humain est, en vérité, tout seul en Sa présence. Ce fait remarquable est répété dans beaucoup d'autres versets:

Et vous voici venus à Nous, seuls, tout comme Nous vous avions créés la première fois, abandonnant derrière vos dos tout ce que Nous avions accordé… (Sourate al-An'âm, 94)

Et au Jour de la Résurrection, chacun d'eux se rendra seul auprès de Lui. (Sourate Maryam, 95)

Ceci, dans un autre sens, est ce que le fait établi dans les versets veut signifier: ceux qui considèrent la matière comme leur dieu viennent de Dieu et retournent à Lui. Ils se sont soumis à leur Dieu qu'ils le veulent ou pas. Maintenant, ils attendent le Jour du Jugement Dernier où chacun d'eux sera appelé pour rendre des comptes. Quoiqu'ils soient peu disposés à le comprendre…

Conclusion
Le sujet que nous avons expliqué jusque là est une des plus grandes vérités qui vous seront jamais dites dans votre vie. Ce sujet, qui prouve que le monde matériel en entier n'est en réalité qu'un "être de l'ombre", est la clé de la compréhension de l'existence et la création par Dieu; elle est également la clé qui permet de comprendre qu'Il est le seul être absolu.
La personne qui comprend ce sujet réalise que le monde n'est pas le genre d'endroit que la majorité des gens présume qu'il est. Le monde n'est pas un endroit absolu avec une vraie existence comme le supposent ceux qui errent sans but dans les rues, qui se disputent dans les bars, qui se paradent dans des cafés luxueux, qui se vantent de leurs propriétés, ou qui consacrent leurs vies à des objectifs futiles. Le monde n'est qu'une collection de perceptions, une illusion. Tous les gens que nous avons cités auparavant ne sont que des êtres de l'ombre qui regardent ces perceptions dans leurs esprits: toutefois, ils n'en sont pas conscients.
Ce concept est très important parce qu'il affaiblit la philosophie matérialiste qui nie l'existence de Dieu et mène à son effondrement. C'est la raison pour laquelle des matérialistes comme Marx, Engels et Lénine ont paniqué, sont devenus enragés, et ont averti leurs adeptes "de ne pas réfléchir" à ce concept quand ils en entendent parler. En fait, de telles personnes sont dans un tel état de déficience mentale qu'elles ne peuvent même pas comprendre le fait que les perceptions sont formées à l'intérieur du cerveau. Elles supposent que le monde qu'elles regardent dans leur cerveau est le "monde extérieur" et au contraire, elles ne peuvent pas comprendre l'incontestable évidence.
Cette inconscience est le résultat du manque de sagesse que Dieu donne aux mécréants. Comme il est dit dans le Coran, les impies "ont des cœurs, mais ne comprennent pas, ils ont des yeux mais ne voient pas, ils ont des oreilles, mais n'entendent pas. Ceux-là sont comme les bestiaux, même plus égarés encore. Tels sont les insouciants." (Sourate al-A'raf, 179)
Vous pouvez explorer au-delà de ce point en utilisant le pouvoir de votre réflexion personnelle. Pour cela, vous devez vous concentrer, consacrer votre attention, et réfléchir à la manière de laquelle vous voyez les objets autour de vous et la façon dont vous sentez leur toucher. Si vous y pensez attentivement, vous pourrez sentir que l'être sage qui voit, entend, touche, pense, lit ce livre en ce moment, et qui regarde les perceptions appelées "matière" sur un écran, est seulement une âme. La personne qui comprend cela est considérée comme une personne qui a dépassé le domaine du monde matériel qui abuse la majeure partie de l'humanité et qui s'introduit dans le domaine de la vraie existence.
Des théistes ou des philosophes à travers l'histoire ont compris cette réalité. Des intellectuels islamiques tels que Imam Rabbani, Muhyiddin ibn Arabi et Mevlana Cami ont réalisé ce fait à partir des signes du Coran et en utilisant leur raison. Certains philosophes occidentaux comme George Berkeley a saisi la même réalité par la raison. Imam Rabbani écrivait dans son Mektubat (Lettres) que l'Univers matériel en entier est une "illusion et une supposition (perception)" et que le seul être absolu est Dieu:
"Dieu… La substance de ces êtres qu'Il a créés n'est que néant… Il a créé tout à la sphère des sens et des illusions… L'existence de l'Univers est à la sphère des sens et des illusions, et il n'est pas matériel… Dans la réalité, il n'y a rien dans l'extérieur sauf l'Etre glorieux, (qui est Dieu)." 212
Imam Rabbani énonçait explicitement que toutes les images présentées à l'homme ne sont qu'une illusion, et qu'elles n'ont pas d'originaux dans l' "extérieur".
"Ce cycle imaginaire est peint dans l'imagination. Il est vu dans la mesure qu'il est peint. Mais, avec l'œil de l'esprit. Dans l'extérieur, il semble comme s'il était vu avec les yeux du visage. Cependant, ce n'est pas le cas. Il n'a aucune désignation ni trace dans l'extérieur. Il n'y a aucune circonstance à voir. Sans aucun doute, sa constance ainsi que son image ne sont que dans l'IMAGINATION. Dieu est le Seul Qui sache." 213
Mevlana Cami énonçait le même fait qu'il a découvert en suivant les signes du Coran et en utilisant son intelligence: "Quoi qu'il y ait dans l'Univers, ce ne sont que des sens et des illusions. Ils sont soit comme des reflets dans des miroirs soit des ombres."
Cependant, le nombre de ceux qui, à travers l'histoire, ont compris ce fait a toujours été limité. De grands érudits tels que Imam Rabbani ont écrit qu'il aurait été inopportun de dévoiler ce fait aux masses et que la plupart des gens ne seraient pas capables de le saisir.
L'ère dans laquelle nous vivons, ce fait est devenu empirique par l'ensemble des preuves avancé par la science. Le fait que l'Univers soit une ombre est décrit, pour la première fois dans l'histoire, d'une façon tellement explicite, claire et concrète.
Pour cette raison, le 21ème siècle sera un tournant historique quand les gens comprendront généralement les réalités divines et seront conduits par foules à Dieu, le Seul Etre Absolu. Dans le 21ème siècle, ce sont les principes matérialistes du 19ème siècle qui seront relégués aux oubliettes de l'histoire, l'existence et la création de Dieu seront assimilées, des faits tels que le vide et l'intemporalité seront compris, l'humanité se libérera des voiles vieux de plusieurs siècles, des duperies et des superstitions qui les entourent.
Aucun être de l'ombre n'est capable d'empêcher ce courant inévitable.



CHAPITRE 19

La relativité du temps et la réalité du destin


Tous les faits mentionnés précédemment démontrent qu'en réalité l'"espace à trois dimensions" n'existe pas, que cet espace est un préjugé complètement inspiré de perceptions et qu'un être passe sa vie entière dans le "vide". Affirmer le contraire devrait tenir d'une croyance superstitieuse dénudée de raison et de vérité scientifique, car il n'y a aucune preuve valable de l'existence d'un monde matériel à trois dimensions.
Ce fait réfute la première présomption de la philosophie matérialiste qui est à la base de la théorie de l'évolution. C'est la présomption que la matière est absolue et éternelle. La deuxième supposition sur laquelle repose la philosophie matérialiste est que le temps est absolu et éternel. Elle est aussi superstitieuse que la première.

La perception du temps
La perception que nous appelons le temps est, en fait, une méthode par laquelle un moment est mis en comparaison avec un autre. Nous pouvons expliquer cela par un exemple. Quand une personne, par exemple, tape un objet, elle entend un son particulier. Quand elle tape le même objet cinq minutes après, elle entend un autre son. La personne perçoit qu'il y a un intervalle entre le premier son et le second et elle appelle cet intervalle "temps". Cependant, lorsqu'elle entend le second son, le premier son qu'elle avait entendu n'est plus qu'une imagination dans son esprit. C'est tout simplement une petite information dans sa mémoire. La personne formule la perception du "temps" en comparant le moment dans lequel elle vit avec ce qu'elle a en mémoire. Si cette comparaison n'est pas faite, il ne peut y avoir de perception de temps.
Parallèlement, une personne fait une comparaison quand elle voit quelqu'un entrer dans une chambre par la porte et s'asseoir dans un fauteuil au milieu de la pièce. Aussitôt que cette personne est assise sur le fauteuil, les images liées aux moments où elle ouvre la porte, marche dans la pièce et se dirige vers le fauteuil sont compilées comme des bouts d'information dans le cerveau. La perception du temps survient quand la personne compare l'homme assis sur le fauteuil avec ces informations dont elle dispose.
En bref, le temps vient à exister par la suite de la comparaison établie entre certaines illusions emmagasinées dans le cerveau. Si l'homme ne possédait pas de mémoire, son cerveau ne ferait pas de telles interprétations et la perception du temps n'aurait jamais été possible. La raison pour laquelle une personne détermine avoir trente ans est qu'elle a accumulé dans son esprit les informations relatives à ces trente années. Si elle n'avait pas de mémoire, cette personne n'aurait pas pensé à l'existence d'une telle période ancienne, elle se serait seulement arrêtée sur le simple "moment" qu'elle vit.

L'explication scientifique de l'intemporalité
Essayons d'expliquer le sujet en citant divers scientifiques et érudits en la matière. Au sujet du temps qui s'écoule dans le passé, le célèbre intellectuel et prix Nobel, le professeur de génétique François Jacob, énonce ce qui suit dans son livre Le jeu des possibles:
"La projection inversée des films nous permet d'imaginer un monde dans lequel le temps se déroule dans le sens inverse. Un monde dans lequel le lait se sépare du café et ressort de la tasse pour revenir à la bouteille de lait; un monde où les rayons de lumière surgissent des murs pour être capturés (centre de gravité) au lieu de provenir d'une source lumineuse; un monde dans lequel une pierre ressort de l'eau pour revenir à la paume de la main grâce à l'étonnante collaboration d'un grand nombre de gouttes d'eau qui permettent à cette pierre de jaillir de l'eau. Ceci dit dans un monde pareil, où le temps a des caractéristiques si inversées, le processus de notre cerveau et la manière dont notre mémoire récolte l'information s'inverseraient également. Ceci s'applique également au passé et au futur et nous finissons par percevoir le monde tel qu'il nous paraît aujourd'hui." 214
Puisque notre cerveau est habitué à une certaine séquence d'événements, le monde ne fonctionne pas comme nous l'avons expliqué plus haut et nous supposons que le temps s'écoule toujours dans le futur. Cependant, c'est une décision purement cérébrale et donc complètement relative. En réalité, nous ne pouvons jamais savoir comment le temps passe ni s'il s'écoule réellement. Ceci indique que le temps n'est pas un fait absolu, mais juste un genre de perception.
La relativité du temps est un fait vérifié aussi par le plus important physicien du 20ème siècle, Albert Einstein. Lincoln Barnett écrit dans son livre The Universe and Dr. Einstein (L'Univers et le Docteur Einstein):
"Comme il l'a fait pour l'espace absolu, Einstein a mis de côté le concept du temps absolu - celui d'un écoulement constant, invariable et inexorable du temps universel, allant du passé infini vers le futur infini. Une grande partie du mystère qui a toujours entouré la théorie de la relativité émane du fait que l'être humain a toujours hésité de reconnaître que le sens du temps, à l'instar de la couleur, est une forme de perception. A l'instar de l'espace qui n'est qu'un simple ordre d'objets matériels, le temps est tout simplement un ordre possible d'événements. La subjectivité du temps est parfaitement expliquée selon les mots mêmes de Einstein: "Les expériences d'un individu nous apparaissent organisées dans une série d'événements. Dans cette série, les événements que nous nous rappelons semblent être ordonnés selon le critère de "antérieur et postérieur". Par conséquent, il existe temps subjectif (temps I) Ce concept n'est pas mesurable. Je suis en mesure en effet d'attribuer des chiffres aux événements de façon à ce que un plus grand chiffre équivaille à un événement postérieur plutôt qu'à un événement antérieur." 215
Comme le cite Barnett dans son livre, Einstein lui-même a indiqué que "l'espace et le temps sont des formes d'intuition qui ne peuvent se dissocier de notre conscience tout comme nos concepts de couleur, de forme ou de taille". Selon la théorie de la relativité générale, "le temps n'a d'existence indépendante sauf l'ordre des événements par lequel nous le comptons".216
Puisque le temps est une perception, il dépend entièrement de celui qui le perçoit; il est donc relatif.
La vitesse à laquelle le temps s'écoule diffère selon les références utilisées pour le compter car le corps humain ne dispose d'aucune horloge naturelle qui indiquerait précisément la vitesse à laquelle le temps passe. Comme Lincoln Barnett écrivait: "Tout comme la couleur n'existe pas sans un œil pour la discerner, ni l'instant, ni l'heure, ni la journée ne sont des moments sans un événement qui les marque." 217
La relativité du temps est perçue dans les rêves. Bien que notre rêve semble durer des heures, il ne dure en réalité que quelques minutes ou quelques secondes.
Examinons un exemple pour expliquer le sujet davantage. Supposons que nous soyons installés dans une chambre avec une seule fenêtre et que nous y soyons enfermés pendant une certaine période de temps. Dans la pièce une horloge permet de calculer le temps écoulé. Supposons qu'en même temps, il nous est possible de voir par la fenêtre de la pièce le lever et le coucher du Soleil à certains intervalles. Quelques jours plus tard, si l'on nous demande combien de temps nous avons passé dans la pièce, notre réponse serait basée sur les informations recueillies en regardant l'horloge de temps à autre et sur le calcul que nous aurions fait en nous référant au nombre de fois que le Soleil se serait levé et couché. Supposons, par exemple, que nous estimons avoir passé trois jours dans une pièce. Si la personne qui nous a installé dans cette pièce nous apprend que nous avons passé deux jours seulement dans la pièce et que le Soleil que nous avons vu par la fenêtre était un faux soleil produit par une machine de simulation et que l'horloge était spécialement réglée pour tourner plus vite, le calcul que nous avons fait n'a aucun sens.
Cet exemple confirme que les informations que nous avons de la vitesse de l'écoulement du temps sont basées sur des références relatives. La relativité du temps est un fait scientifique prouvé aussi par la méthodologie scientifique. La théorie de la relativité générale d'Einstein maintient que la vitesse du temps change selon la vitesse de l'objet et sa distance du centre de gravité. Quand la vitesse augmente, le temps est raccourci, comprimé et ralenti comme s'il se mettait au point "mort".
Laissez-nous expliquer cela avec un exemple donné par Einstein lui-même. Imaginons deux jumeaux, l'un des deux reste sur Terre tandis que l'autre part en voyage dans l'espace à la vitesse lumière. A son retour, le voyageur verra que son frère a grandi plus que lui. La raison en est que le temps passe beaucoup plus lentement pour la personne qui voyage à la vitesse de la lumière. Si l'on applique le même exemple à un père qui voyage dans l'espace et son fils resté sur Terre, si le père avait 27 ans lorsqu'il est parti et son fils avait 3 ans, quand le père revient sur Terre 30 années plus tard (temps sur Terre), le fils aura 33 ans mais le père n'aura que 30 ans.218
Nous devrions indiquer que cette relativité du temps n'est pas causée par le ralentissement ou l'accélération des horloges ou la diminution d'un ressort mécanique. Elle est plutôt le résultat de périodes différenciées d'opération du système matériel entier qui opère aussi profondément que des particules sous-atomiques. Autrement dit, le ralentissement du temps n'est pas comme une image diffusée au ralenti pour la personne qui le vit. Dans le cas où le temps ralentit, les battements de cœur de la personne, la reproduction des cellules, les fonctions du cerveau et ainsi de suite, tout fonctionne plus lentement que chez la personne qui bouge lentement sur Terre. La personne continue sa vie quotidienne et ne remarque nullement le ralentissement du temps. Certes, le ralentissement ne devient même pas apparent jusqu'à ce que la comparaison soit faite.

La relativité dans le Coran
La conclusion à laquelle nous sommes amenés par les résultats de la science moderne est que le temps n'est pas un fait absolu comme le supposent les matérialistes mais seulement une perception relative. Le plus intéressant est que ce fait, inconnu par la science jusqu'au 20ème siècle, a été dévoilé à l'humanité 14 siècles auparavant dans le Coran. Il y a dans le Coran diverses références à la relativité du temps.
Il est possible de voir le fait scientifiquement prouvé que le temps est une perception psychologique qui dépend des événements, des circonstances et conditions dans beaucoup de versets du Coran. Par exemple, la vie entière d'une personne est un temps très court comme indiqué dans le Coran:

Le Jour où Il vous appellera, vous Lui répondrez en Le glorifiant. Vous penserez cependant que vous n'êtes restés (sur terre) que peu de temps. (Sourate al-Isra', 52)
Et le jour où Il les rassemblera, ce sera comme s'ils n'étaient restés (dans leur tombeau) qu'une heure du jour et ils se reconnaîtront mutuellement. Perdants seront alors ceux qui auront traité de mensonge la rencontre d'Allah et ils n'auront pas été bien guidés. (Sourate Yunus, 45)

Dans certains versets, il est indiqué que les gens perçoivent le temps différemment et que les gens parfois peuvent percevoir une période de temps très courte comme interminable. La conversation suivante tenue entre des personnes pendant leur jugement dans l'Au-delà en est un bon exemple:

Il dira: "Combien d'années êtes-vous restés sur terre?". Ils diront: "Nous y avons demeuré un jour ou une partie d'un jour. Interroge donc ceux qui comptent." Il dira: "Vous n'y avez demeuré que peu (de temps), si seulement vous saviez." (Sourate al-Mu'minùne, 112-114)

Dans d'autres versets, il est énoncé que le temps peut s'écouler à des cadences différentes dans des circonstances différentes:

Et ils te demandent de hâter (l'arrivée) du châtiment. Jamais Allah ne manquera à sa promesse. Cependant, un jour auprès de ton Seigneur, équivaut à mille ans de ce que vous comptez. (Sourate al-Hajj, 47)

Les anges ainsi que l'Esprit montent vers Lui en un jour dont la durée est de cinquante mille ans. (Sourate al-Ma'arij, 4)

Ces versets sont tous des expressions manifestes de la relativité du temps. Le fait que ce résultat, que la science a compris seulement récemment dans le 20ème siècle, a été communiqué à l'homme 1.400 années auparavant par le Coran est une indication de la révélation du Coran par Dieu, Qui inclut l'espace et le temps entiers.
La narration dans beaucoup d'autres versets du Coran révèle que le temps est une perception. C'est particulièrement évident dans les histoires coraniques. Par exemple, Dieu a maintenu les Compagnons de la Grotte, un groupe de croyants mentionnés dans le Coran, dans un sommeil profond pendant plus de trois siècles. Lorsqu'ils se sont réveillés, ces gens pensaient qu'ils n'étaient restés dans cet état que peu de temps et ne pouvaient imaginer combien de temps ils avaient dormi:

Alors, Nous avons assourdi leurs oreilles, dans la caverne pendant de nombreuses années. Ensuite, Nous les avons ressuscités, afin de savoir lequel des deux groupes saurait le mieux calculer la durée exacte de leur séjour. (Sourate al-Kahf, 11-12)

Et c'est ainsi que Nous les ressuscitâmes, afin qu'ils s'interrogent entre eux. L'un parmi eux dit: "Combien de temps avez-vous demeuré là?" Ils dirent: "Nous avons demeuré un jour ou une partie d'un jour". D'autres dirent: "Votre Seigneur sait mieux combien (de temps) vous y avez demeuré… (Sourate al-Kahf, 19)
La situation racontée dans le verset ci-dessous est aussi une preuve que le temps est en vérité une perception psychologique:

Ou comme celui qui passait dans un village désert et dévasté: "Comment Allah va-t-il redonner vie à celui-ci après sa mort?" dit-il. Allah donc le fit mourir et le garda ainsi pendant cent ans. Puis Il le ressuscita en disant: "Combien de temps as-tu demeuré ainsi?" "Je suis resté un jour," dit l'autre, "ou une partie d'une journée." "Non," dit Allah, "tu es resté cent ans. Regarde donc ta nourriture et ta boisson: rien ne s'est gâté; mais regarde ton âne… Et pour faire de toi un signe pour les gens, et regarde ces ossements, comment Nous les assemblons et les revêtons de chair". Et devant l'évidence, il dit: "Je sais qu'Allah est Omnipotent." (Sourate al-Baqarah, 259)

Le verset ci-dessus insiste clairement que le temps n'a pas de prise sur Dieu Qui l'a créé. L'homme, en revanche, est lié par le temps qui est ordonné par Dieu. Comme dans le verset, l'homme n'est même pas capable de savoir combien de temps il est resté endormi. Dans un tel état, affirmer que le temps est absolu (comme le font les matérialistes avec leur mentalité tordue), serait très déraisonnable.

Le destin
La relativité du temps élucide une question très importante. La relativité est si variable qu'une période de temps qui nous paraît durer des milliards d'années, peut durer seulement une seconde dans une autre dimension. De plus, une période de temps énorme qui pourrait durer du début du monde jusqu'à sa fin, peut ne pas durer qu'une seconde mais juste un instant dans une autre dimension.
C'est l'essence même du concept du destin, un concept qui n'est pas bien compris par la plupart des gens, surtout par les matérialistes, qui le nient complètement. Le destin est la connaissance parfaite de Dieu de tous les événements passés ou à venir. Une majorité de gens se demande comment Dieu peut déjà connaître des événements qui n'ont pas encore été vécus, ce qui les mène à échouer à comprendre l'authenticité du destin. Cependant, "les événements qui ne se sont pas encore produits" ne sont pas encore vécus seulement par nous. Dieu n'est pas lié par le temps ou l'espace car Il les a Lui-même créés. Pour cette raison, le passé, l'avenir et le présent sont les mêmes pour Dieu; pour Lui, tout a déjà eu lieu et est fini.
Lincoln Barnett explique comment la théorie de la relativité générale mène à ce fait mentionné dans The Universe and Dr. Einstein: selon Barnett, l'Univers ne peut être "perçu dans toute majesté que par un intellect cosmique".219 Cette volonté que Barnett appelle "l'intellect cosmique" est la sagesse et la connaissance de Dieu, Qui règne sur l'Univers entier. Tout comme nous voyons aisément le début, le milieu et la fin d'une règle et toutes les unités entre eux comme des espaces de bout en bout, Dieu connaît le moment que nous expérimentons depuis son début jusqu'à sa fin. Les gens font l'expérience des incidents seulement lorsque leur temps est arrivé, ils sont alors témoins du destin que Dieu a créé pour eux.
Il est important aussi d'attirer l'attention sur la superficialité de la compréhension erronée du destin répandue dans la société. Cette fausse conviction du destin tient d'une croyance superstitieuse que Dieu a déterminé un "destin" pour chaque homme mais que les gens peuvent parfois changer ces destins. Par exemple, pour un malade qui a rebroussé le chemin de la mort, les gens font des déclarations superficielles du genre "Il a battu son destin". Toutefois, personne n'est capable de changer son destin. La personne qui revient de loin ne meurt pas parce qu'elle n'est pas encore destinée de mourir à ce moment. C'est encore le destin de ces gens qui se mentent à eux-mêmes en disant "j'ai vaincu mon destin" de le dire et de maintenir un tel état d'esprit.
Le destin est la connaissance éternelle de Dieu et pour Dieu, Qui connaît le temps comme un moment seul et Qui prévaut sur l'espace et le temps entiers, tout est déterminé et fini dans la "destinée". Nous comprenons aussi à travers ce qui est relaté dans le Coran que le temps est une seule unité pour Dieu: certains incidents qui nous paraissent se produire dans l'avenir sont racontés dans le Coran d'une telle manière qu'ils ont déjà eu lieu longtemps auparavant. Par exemple, les versets qui décrivent les comptes que les gens doivent rendre à Dieu dans l'Au-delà sont relatés comme des événements qui se sont déjà produits longtemps auparavant:

On souffla alors dans le clairon (de l'Apocalypse) et tous les habitants des cieux et de la terre tombèrent foudroyés sauf ceux que Dieu a bien voulu épargner. Puis on souffla de nouveau et les voilà debout, les yeux grand ouverts. La terre resplendit (à ce moment) de la lumière de son Seigneur. On déposa le Livre et on fit venir les Prophètes et les Martyrs. On jugea entre eux en toute équité et ils ne subissent aucune injustice… On conduisit ceux qui avaient mécru à l'Enfer en groupes homogènes… Et l'on conduisit au Paradis, en groupes homogènes, ceux qui avaient craint pieusement leur Seigneur... (Sourate az-Zumar, 68-73)

Certains autres versets à ce sujet sont:

Chaque âme vint alors accompagnée d'un conducteur et d'un témoin. (Sourate Qaf, 21).

…en récompense de leur patience, Il leur donna le Paradis et soie. Ils y sont accoudés sur des lits à dais et ils n'y voient ni soleil ni froid glacial. (Sourate al-Insan, 12-13)

"Aujourd'hui, donc, se sont ceux qui ont cru qui rient des infidèles." (Sourate al-Mutaffifune, 34)
Et les criminels virent le feu. Ils furent alors convaincus qu'ils allaient y tomber et ils ne trouvèrent nul endroit où le fuir. (Sourate al-Kahf, 53)

Comme nous l'avons vu, les événements qui vont se produire après notre mort (de notre point de vue) sont relatés dans le Coran comme des événements déjà vécus et passés. Dieu n'est pas lié par le temps relatif dans lequel nous sommes confinés. Dieu a décidé ces choses dans l'intemporalité: les gens les ont déjà exécutés et tous ces événements ont été entièrement vécus et sont terminés. Il est imparti dans le verset suivant que chaque événement, qu'il soit grand ou petit, est connu de Dieu et enregistré dans un livre:

Tu ne te trouveras dans aucune situation, tu ne réciteras aucun passage du Coran, vous n'accomplirez aucun acte sans que Nous soyons témoin au moment où vous l'entreprendrez. Il n'échappe à ton Seigneur ni le poids d'un atome sur terre ou dans le ciel, ni un poids plus léger ou plus grand qui ne soit déjà inscrit dans un livre évident. (Sourate Yunus, 61)


L'inquiétude des matérialistes
Les problèmes examinés dans ce chapitre, notamment la vérité sur la matière, l'intemporalité, et le vide (néant), sont certes extrêmement clairs. Comme nous l'avons exprimé précédemment, ces notions ne sont absolument pas un genre de philosophie ou une manière de penser, mais des vérités claires comme l'eau de roche et impossibles à nier. En plus du fait que c'est une réalité technique, la preuve logique et rationnelle n'admet aucune autre alternative à ce problème: l'Univers est une entité illusoire avec toutes les matières qui le composent et tous les gens qui y vivent. Il est une collection de perceptions.
Les matérialistes ont eu beaucoup de difficultés à comprendre ce problème. Par exemple, si nous revenons à l'exemple de l'autobus de Politzer: bien que Politzer ait su techniquement qu'il ne pouvait agir sans ses perceptions, il ne pouvait que l'admettre pour certains cas. C'est-à-dire, pour Politzer, les événements ont lieu dans le cerveau jusqu'à ce que l'autobus s'écrase, mais aussitôt que l'accident d'autobus a lieu, les événements s'évacuent du cerveau pour retrouver une réalité physique. Le défaut logique de ce point est très clair. Politzer a fait la même erreur que le philosophe matérialiste Johnson qui disait: "Je frappe la pierre, mon pied me fait mal, donc mon pied existe", et il ne pouvait donc pas comprendre que le choc ressenti après l'impact de l'autobus était en fait aussi une simple perception.
La raison subliminale pour laquelle les matérialistes ne peuvent pas comprendre cette question est leur crainte de la réalité qu'ils devront affronter quand ils auront compris. Lincoln Barnett nous informe que certains scientifiques avaient "discerné" ce sujet:
"Avec la réduction faite par les philosophes de toute réalité objective à un monde ombreux de perceptions, les scientifiques sont devenus conscients de la limitation alarmante des sens de l'homme." 220
Toute référence sur le fait que la matière et le temps sont des perceptions suscite une grande crainte chez les matérialistes, parce que ce sont les seules notions sur lesquelles ils reposent comme des êtres absolus. Dans un sens, ils vénèrent ces notions comme des idoles parce qu'ils pensent qu'ils ont été créés par la matière et le temps (à travers l'évolution).
Lorsque les matérialistes sentent que l'Univers dans lequel ils pensent vivre, le monde, que leur propre corps, les autres individus, les autres philosophes matérialistes qui influencent leurs idées, bref, que tout, n'est qu'une perception, ils sont saisis par l'horreur. Tout ce dont ils dépendent, tout ce en quoi ils croient, et tout ce à quoi ils ont recours disparaît subitement. Ils tombent dans un désespoir qu'ils ressentiront, dans le sens réel du terme, essentiellement, le Jour du Jugement dernier tel qu'il est décrit dans le verset: "Ils offriront ce jour-là à Allah la soumission, et ce qu'ils avaient inventé sera perdu pour eux." (Sourate an-Nahl, 87)
A partir de là, les matérialistes essaient de se convaincre eux-mêmes de la réalité de la matière et cherchent à fabriquer des "preuves" à cette fin; ils se cognent la tête contre le mur, donnent des coups dans les pierres, crient mais ne peuvent jamais fuir cette réalité.
Tout comme ils veulent bannir cette idée de leur esprit, ils désirent que les autres personnes s'en débarrassent également. Ils sont aussi conscients que si la vraie nature de la matière était connue des gens en général, le primitivisme de leur propre philosophie et l'ignorance de leur vision du monde seraient mis à jour pour tous, et qu'il n'y aurait plus aucune base sur laquelle ils pourraient rationaliser leurs opinions. Ces craintes sont la raison pour laquelle les faits que nous présentons ici les dérangent tellement.
Dieu énonce que les craintes des incroyants seront intensifiées dans l'Au-delà. Le Jour du Jugement dernier, Il s'adressera à eux ainsi:
Et le jour où Nous les rassemblerons tous puis dirons à ceux qui auront donné des associés: "Où sont donc vos associés que vous prétendiez?" (Sourate al-An'am, 22)

Ensuite, les mécréants seront témoins de la disparition de leurs possessions, enfants et cercle proche qu'ils avaient supposé être réels et pris comme partenaires de Dieu. Dieu nous informe de ce fait dans le verset "Vois comment ils mentent à eux-mêmes! Et comment les abandonnent (les associés) qu'ils inventaient!" (Sourate al-An'am, 24).

La récompense des croyants
Alors que le fait que le temps et la matière sont une perception alarme les matérialistes, le contraire est vrai pour les véritables croyants. Les gens de foi se réjouissent quand ils ont perçu à jour le secret caché derrière la matière parce que cette réalité est la clé de toutes les questions. Avec cette clé, tous les secrets sont dévoilés. La personne arrive à comprendre aisément beaucoup de problèmes qu'elle avait du mal à saisir auparavant.
Comme nous l'avons précédemment dit, les questions relatives à la mort, au Paradis, à l'Enfer, à l'Au-delà, au changement des dimensions et d'autres questions importantes telles que "Où est Dieu?", "Qu'y avait-il avant Dieu?", "Qui a créé Dieu?", "Combien de temps durera la vie dans les cimetières?", "Où seront le Paradis et l'Enfer?" et "Où se trouvent actuellement le Paradis et l'Enfer?" seront facilement résolues. Il sera compris avec quelle sorte de système Dieu a créé l'Univers entier du néant. Si bien qu'avec ce secret, les questions comme "quand" et "où" seront dénudées de sens parce qu'il n'existera plus de temps ni d'espace. Quand la notion du vide sera comprise, l'on comprendra également que l'Enfer, le Paradis, et la Terre se trouvent tous au même endroit. Si la notion de l'intemporalité est comprise, l'on comprendra également que tous les événements ont lieu au même moment: rien n'est attendu et le temps ne s'écoule pas, parce que tout est déjà arrivé et tout est révolu.
Une fois ce secret dévoilé, le monde ressemble au paradis pour les croyants. Tous les soucis matériels, les anxiétés et les peurs disparaissent. La personne comprend que l'Univers tout entier a un seul Souverain, Qui change le monde physique entier comme Il lui plaît et tout ce que ce croyant doit faire est de se tourner vers Lui. Il se soumet alors entièrement à Dieu "en étant dévoué à Son service" (Sourate al-'Imran, 35).
Comprendre ce secret est la meilleure récompense au monde.
Avec ce secret, une autre réalité très importante mentionnée dans le Coran est dévoilée: le fait que "Dieu est plus près de l'homme que sa veine jugulaire" (Sourate Qaf, 16). Comme tout le monde le sait, la veine jugulaire est à l'intérieur du corps. Qu'est-ce qui pourrait être plus près d'une personne que son intérieur? Cette situation peut être expliquée aisément par la réalité du vide. Ce verset peut aussi être mieux compris en assimilant ce secret.
C'est la vérité la plus absolue. Il devrait être établi qu'il n'y a aucun autre assistant et fournisseur pour l'homme que Dieu. Il n'y a rien d'autre à part Dieu; Il est le seul être absolu auprès duquel toute personne peut trouver refuge, le seul être à qui on peut faire appel pour de l'aide et le seul être sur Qui compter pour une récompense garantie.
Où que nous soyons, Dieu est présent.

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